«Bidon»: Donald Trump a balayé lundi les sondages qui le placent derrière son rival Joe Biden, affichant une confiance inébranlée à la veille d'une élection aux allures de référendum sur sa présidence hors norme.

Les deux septuagénaires, aussi différents sur la forme que sur le fond, sont engagés dans un sprint final après une campagne abrasive qui a renforcé la fracture entre deux Amériques aux antipodes.

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Trump dans la ville natale de son rival démocrate

Fragilisé par une recrudescence de la pandémie de Covid-19, Donald Trump se démultiplie pour faire mentir les sondages et créer la surprise, comme il l'avait fait en 2016. Il s'est ainsi rendu lundi soir à Kenosha, dans le Wisconsin, avant un dernier acte à Grand Rapids (Michigan), comme en 2016. Il a indiqué qu'il se rendrait mardi à son QG de campagne, situé en Virginie.

«Demain, nous allons gagner quatre ans de plus à la Maison-Blanche», a-t-il lancé devant des partisans en Caroline du Nord. «Comme ça, on pourra finir le travail entamé», a-t-il ajouté quelques heures plus tard dans le Michigan. Comme en pied-de-nez, il s'est entre-temps rendu à Scranton, la ville natale de son rival démocrate, qu'il a accusé d'être «endormi», mais aussi «agité», «corrompu», «contrôlé par les grands médias»...

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Donald Trump a multiplié les attaques sans fondement contre le vote par correspondance, laissant entendre qu'il enverrait ses avocats dans les Etats qui continueraient de dépouiller les bulletins après l'«Election Day». D'ores et déjà, près de 100 millions d'Américains ont déjà voté par anticipation, en personne ou par correspondance, pour éviter les bureaux de vote bondés en pleine pandémie. Le président a déclaré que le projet de la Pennsylvanie de prendre en compte les bulletins arrivés par voie postale jusqu'à trois jours après la fermeture des bureaux de vote mardi entraînerait une vaste fraude, sans expliquer comment.

Une fin de campagne en Pennsylvanie pour Biden

Après quatre années tumultueuses, les Etats-Unis «en ont assez du chaos», a martelé son adversaire démocrate, qui dit se battre pour restaurer l'«âme» de l'Amérique. «Il est temps de se relever et de reprendre le contrôle de notre démocratie», a lancé l'ancien vice-président de Barack Obama à la fin de son discours depuis Pittsburgh ( Pennsylvanie, Etat remporté sur le fil par Donald Trump en 2016).

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Joe Biden continuera sa campagne dans cet Etat jusqu'à la dernière minute, avec des interventions prévues mardi à Scranton et Philadelphie, une démarche légale mais inhabituelle.

Très présent dans cette dernière ligne droite, il a encore soutenu lundi la candidature de celui qui fut son vice-président pendant huit ans. Donald Trump «n'a jamais pris au sérieux» sa fonction et a «utilisé la présidence comme un show télévisé pour attirer l'attention sur lui», a-t-il taclé depuis Miami en Floride, appelant une nouvelle fois les électeurs à se rendre aux urnes massivement. «On ne peut pas laisser de place au doute.»

Des barricades installées en prévision des tensions

Le président, qui craint de devenir le premier à ne pas être réélu depuis un quart de siècle, entretient le flou sur la position qu'il adoptera en cas de défaite, ce qui suscite l'anxiété dans le pays. «Dès que l'élection sera terminée, nos avocats seront prêts», a-t-il notamment déclaré dimanche, laissant entrevoir la possibilité d'une longue bataille judiciaire.

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Signe de la tension qui règne à l'issue d'une campagne d'une agressivité inouïe, des commerces dans plusieurs villes américaines, dont New York et Washington, se barricadaient par crainte de manifestations violentes.

Les derniers sondages placent le démocrate confortablement en tête dans plusieurs Etats décisifs remportés par le républicain en 2016, comme le Wisconsin et le Michigan, mais sa marge est un peu plus étroite en Pennsylvanie et les deux candidats sont au coude-à-coude en Floride. Les observateurs répètent leurs appels à la prudence, pointant le scrutin de 2016, lors duquel Donald Trump avait créé l'une des plus grandes surprises de l'histoire politique américaine en battant Hillary Clinton.