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Les derniers sondages relancent le suspense

François Hollande est resté en tête de toutes les enquêtes d’opinion entre les deux tours, mais le resserrement de l’écart, avec le pourcentage d’erreur, donne encore de l’espoir au camp présidentiel

Un seul chiffre compte au QG de campagne de Nicolas Sarkozy: celui de l’écart entre les deux candidats. «En dessous de quatre points, soit 52/48, tout redevient possible», explique l’entourage du président sortant, réanimant un slogan de sa campagne victorieuse de 2007. Raison: un tel resserrement ferait tomber les enquêtes dans la «marge d’erreur», ouvrant la voie à une possible «surprise» de nouveau promise vendredi par le chef de l’Etat français lors d’un meeting aux Sables d’Olonne. Une victoire à l’arraché, grâce à cette «France silencieuse» chère au candidat de l’UMP.

Problème: les statistiques ne sont pas aussi claires. Certes, le resserrement constaté ces deux derniers jours est manifeste. Distancé un temps par un fossé infranchissable, genre 56 contre 44%, Nicolas Sarkozy était crédité, vendredi, de 47,5% des voix (contre 52,5% pour son adversaire) par trois instituts de sondage – BVA, IPSOS et Opinion Way – avec une marge d’erreur d’environ 3%. Tandis que Louis Harris et CSA le créditent de 47%, et Sofres de 46,5%. La tendance lourde d’une victoire socialiste n’est donc pas remise en cause, y compris par les médias proches de l’actuel pouvoir comme Le Figaro. Celui-ci, après avoir envisagé de consacrer sa une à la remontée de Sarko, s’est d’ailleurs abstenu. «On a tiré les chiffres dans tous les sens, explique un éditorialiste. Mais l’écart a résisté.»

Indécis, abstentionnistes…

L’autre obstacle, pour le locataire de l’Elysée, est le fait qu’il ne peut guère compter sur les indécis. Plusieurs enquêtes démontrent en effet que plus on leur pose la question, plus les électeurs du FN et du centre encore incertains… prennent leurs distances avec lui. Logique, selon Gaël Sliman, de BVA. «Si ces électeurs de droite n’ont pas encore fait de choix, c’est qu’ils ne veulent plus voter Sarko», estime-t-il. On bute là sur l’animosité personnelle suscitée par le vainqueur de 2007. Et sur l’incertitude entretenue, dans le camp centriste, par François Bayrou. Jusqu’à sa décision, prise jeudi soir, de voter François Hollande «à titre personnel».

Le seul réservoir de bulletins, pour Nicolas Sarkozy, se trouve dès lors chez les abstentionnistes du premier tour, soit 20,5% des électeurs. D’où ses appels répétés à une ultime mobilisation. Sauf que, là aussi, rien n’est simple. D’abord parce que le second tour mobilisera davantage… dans les deux camps (16% d’abstention seulement il y a cinq ans). Ensuite parce que la carte de France de l’abstention – avec de grandes poches supérieures à 20% dans le Nord et la région parisienne – ne lui est plus favorable: ces zones ayant basculé à gauche le 22 avril, après avoir voté Sarko en 2007. Reste l’ultime espoir: que les partisans de François Hollande, trop assurés de la victoire, se démobilisent pour profiter de leur week-end. Compliqué néanmoins: dimanche est annoncé pluvieux dans tout l’Hexagone.

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