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La principale thèse qu’étudient les enquêteurs est celle de l’explosion d’un engin explosif posé par des inconnus. Autrement dit celle d’un attentat», a déclaré le PDG des chemins de fer russes, Vladimir Iakounine, à la télévision russe depuis le lieu de la catastrophe. «Une enquête criminelle a été ouverte à propos de l’accident du Nevski Express sur la base des articles 205, c’est-à-dire terrorisme, et 222, détention illégale de matériaux explosifs», a de son côté déclaré Maria Gridneva, la porte-parole du parquet général russe à la chaîne publique Vesti-24.

La chaîne a diffusé en direct une vidéoconférence entre le président Dmitri Medvedev et les principaux responsables de la cellule de crise. Le président a pressé les forces de l’ordre de «faire en sorte d’éviter le chaos car la situation est dure pour les nerfs». «Il faut que la police aide les gens», a-t-il lancé.

La catastrophe s’est produite sur une des lignes de train les plus fréquentées de Russie, Moscou-Saint-Pétersbourg, à 284 kilomètres de la capitale, près du village d’Ouglovka, dans une zone de forêts et marécages.

Trois étrangers parmi les victimes

Le déraillement de plusieurs wagons du Nevski Express, train haut de gamme souvent utilisé par les touristes étrangers, a eu lieu vendredi à 21h34 locales (18h34 GMT) à la limite entre les régions de Novgorod et de Tver (nord-ouest de la Russie). Au moins trois étrangers se trouvaient à bord du train, selon une source de la société de chemins de fer citée par l’agence Itar-Tass.

Le bilan final du drame n’est pas encore établi car les sauveteurs poursuivent leurs opérations sur le terrain, ont indiqué des responsables sur place. Selon Alexander Basulin, un responsable du ministère russe des Situations d’urgences cité par l’agence Itar-Tass, il s’élevait dans la matinée à 39 morts. «Il y en avait 25 au début et quatorze autres ont été trouvés à l’extérieur du wagon», a-t-il dit.

D’autres chiffres circulent également: le ministre des Situations d’urgence Sergueï Choïgou a déclaré s’en tenir pour l’instant au bilan de 25 morts communiqué auparavant, tout en précisant que les recherches continuaient. La porte-parole du parquet a pour sa part avancé le chiffre de 30 morts et 60 personnes hospitalisées.

Selon une source au sein des forces de l’ordre russes, citée par Interfax, «un cratère d’un mètre de diamètre a été découvert près de la voie ferroviaire, et des témoins affirment avoir entendu une forte détonation avant l’accident».

Au moins cinq wagons ont été affectés à des degrés divers, les trois derniers étant les plus touchés, a constaté un journaliste de l’AFP.

La police a investi la zone et empêchait son accès. Des enquêteurs, tout en confirmant l’existence du cratère, se sont refusés à donner plus de détails. Des policiers s’employaient à retirer les bagages des voyageurs.

Une vieille femme vivant dans une maison de bois à proximité du site, très émue, a témoigné à l’AFP: «Il y a beaucoup de bruit et nous avons eu très peur».

Le train accidenté vendredi comprenait 14 wagons et transportait près de 660 passagers, selon le ministère russe des Situations d’urgence cité par Itar-Tass.

En août 2007, un attentat à la bombe avait provoqué en Russie le déraillement d’un train du même type, le Nevski Express, faisant 60 blessés et réveillant le spectre des attaques de la rébellion tchétchène ou de groupuscules nationalistes.