Les principales milices loyalistes d’Irlande du Nord ont officiellement annoncé samedi qu’elles avaient entamé, voire déjà achevé, leur désarmement. Cette annonce marque une nouvelle avancée dans le processus de pacification de la province britannique.

La Force des Volontaires d’Ulster (UVF) et les Red Hand Commando (RHC), un groupe qui lui est associé, ont annoncé avoir entièrement détruit leur arsenal. L’Association de défense de l’Ulster (UDA) a simultanément indiqué qu’elle entamait le même processus et cessait la lutte armée.

Ces initiatives, confirmées par les gouvernements britannique et irlandais, témoignent de la volonté de tourner le dos à la violence dans chacun des deux ensembles confessionnels, mais sans éliminer la menace que représentent encore, de part et d’autre, des groupes dissidents radicaux.

«Les dirigeants de l’Ulster Volunteer Force et du Red Hand Commando (RHC) confirment aujourd’hui qu’ils ont achevé le processus qui rend leur équipement militaire totalement et irréversiblement hors d’usage», précise un communiqué lu aux journalistes à Belfast par un représentant des deux groupes. «Les jours sombres de notre Histoire sont désormais derrière nous et il est temps d’aller de l’avant», écrit de son côté l’UDA dans un communiqué. «La paix et la démocratie sont assurées et une résistance armée n’est plus nécessaire. Par conséquent, nous allons définitivement mettre notre arsenal hors d’usage.»

Les milices «loyalistes», qui veulent le maintien de l’Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni, avaient déjà officiellement renoncé à la violence, mais sans jusqu’à présent accepter de se désarmer. Elles faisaient l’objet de pressions visant à leur faire déposer les armes depuis la décision prise en ce sens en 2005 par l’Armée républicaine irlandaise (IRA, catholiques).

Décisions unanimement saluées

«Les dirigeants de l’UVF et du RHC ont tenu parole», a déclaré le secrétaire d’Etat britannique pour l’Irlande du Nord, Shaun Woodward, saluant un «jour historique» et une «décision courageuse pour la paix». Il a confirmé que les deux groupes avaient mené à terme le processus prévu en coopération avec la Commission internationale indépendante sur le désarmement.

Le chef de la diplomatie irlandaise Micheal Martin a salué un «jalon décisif» dans la pacification de la province. Le premier ministre de la province, le protestant Peter Robinson, a pour sa part estimé que le désarmement des loyalistes démontrait «non seulement leur engagement à construire un avenir pacifique mais aussi leur confiance dans la situation politique et la sécurité».

L’Ulster connaît une paix relative depuis l’accord du Vendredi saint d’avril 1998, qui a mis fin à trente ans d’opérations armées de l’IRA contre l’administration britannique. Les accrochages intercommunautaires ont causé la mort de plus de 3600 personnes.

Les efforts visant à consolider la paix ont été contrariés en mars par deux groupes républicains dissidents, l’IRA-Véritable et l’IRA-Continuité, qui ont assassiné deux soldats et un policier britanniques. La condamnation de ces attentats par toutes les tendances politiques de la province et par Dublin ont cependant renforcé le soutien de la population au processus de paix. Centaines de morts

Entre 1969 et 2001, 482 personnes ont été tuées par l’UVF, dont treize par les RHC, et 261 par l’UDA/UFF, selon la base de données Sutton de l’université d’Ulster.

L’UDA, créée en 1971, a compté jusqu’à 30’000 membres au milieu des années 1970. Elle a abandonné la lutte armée le 11 novembre 2007. Aujourd’hui, quelques centaines de clandestins seraient encore impliqués, dans une organisation plus mafieuse que politique, selon les autorités.

L’UVF, fondée en 1966, est le plus ancien groupe loyaliste. Elle compterait quelques centaines de membres, dont un petit nombre de militants «actifs». Elle a renoncé à la violence le 3 mai 2007.