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Le secrétaire-général de l'ONU, le Sud-Coréen Ban Ki-moon, tient sa dernière conférence de presse au Palais des Nations. Genève, 3 octobre 2016.
© Reuters/Pierre Albouy

ONU

Le désarroi de Ban Ki-moon

Le secrétaire général de l’ONU dénonce le manque de volonté des dirigeants politiques pour régler les crises

Sur le départ après une décennie à la tête de l’Organisation des Nations unies (ONU), Ban Ki-moon faisait lundi ses adieux à la Genève internationale. L’occasion de fustiger une nouvelle fois, devant la presse, le manque de leadership politique des principaux acteurs des crises qui embrasent le monde. Le Sud-coréen, lui-même sous le feu de la critique pour son manque d’initiative en tant que secrétaire général, s’est exonéré de toute responsabilité dans les conflits du Proche-Orient.

La surdité des dirigeants arabes

«Aucun chef de l’ONU n’a nommé autant de médiateurs ou de représentants spéciaux, a expliqué Ban Ki-moon en rappelant le cas syrien qui a mobilisé tour à tour Kofi Annan, Lakhdar Brahimi et Staffan de Mistura. Il est troublant de voir que la violence dure depuis six ans sans que les principales parties au conflit n’aient abandonné leur approche militaire. Or, il n’y aura de solution que politique. La diplomatie ne peut opérer que lorsqu’on est prêt à négocier.»

Evoquant la décennie passée, Ban Ki-moon note qu’il a connu trois guerres à Gaza. «Du jamais vu. Or, l’ensemble de la communauté internationale est d’accord sur la solution à ce conflit: il faut deux Etats.» De même, lorsqu’il évoque rétrospectivement le «Printemps arabe», il déplore un aveuglement général: «Au début de ces soulèvements, j’ai effectué une tournée pour demander aux dirigeants de la région d’écouter ce que les jeunes avaient à leur dire. La plupart ne l’ont pas fait, jusqu’à ce jour.»

L’exemple de l’Accord sur le climat

Le Sud-coréen s’étonne que dans un monde de plus en plus interdépendant, les dirigeants poursuivent plus que jamais leur unique intérêt national. «C’est inquiétant. Face au terrorisme, aucun Etat seul ne peut faire face.» Cette logique nationale reste le principal frein à l’action médiatrice de l’ONU dans les conflits. «En Syrie, nous voyons un pays divisé, des groupes combattants divisés et un Conseil de sécurité divisé. C’est la recette d’une parfaite tempête.»

Le contre-exemple, qui rappelle qu’une autre approche est possible, est l’Accord de Paris sur la lutte contre le réchauffement climatique en passe d’entrer en vigueur. «Il est la démonstration que les dirigeants peuvent surmonter leurs désaccords et faire la différence. Jamais un accord n’avait été signé par autant d’Etats.»

40 visites en Suisse

En dix ans, Ban Ki-moon est venu une quarantaine de fois en Suisse. «En tant que secrétaire général, le Palais des Nations a été ma seconde maison.» C’est sous sa direction que le bâtiment a obtenu un financement de rénovation d’un milliard de francs de l’ONU. Le Sud-Coréen est ce mardi à Berne, l’occasion de remercier la Suisse de son importante aide aux travaux de restauration.

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