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Jean-Luc Mélenchon, ici dans un meeting à Lille le 12 avril 2017, un candidat surestimé, qui pourrait souffrir du vote utile?
© PHILIPPE HUGUEN

élection

Les dessous de l'ultime sprint présidentiel français

A neuf jours du premier tour de l'élection présidentielle française, dimanche 23 avril, la «cristallisation» des votes va s'accélérer. Essai d'explication

Que vont décider, dimanche 23 avril, les 44,6 millions d'électeurs Français conviés aux urnes pour une présidentielle toujours imprévisible? A neuf jours du scrutin, quelques tendances fortes se dégagent. Et le mouvement devrait s'accélérer dans les jours à venir...

Leçon 1: Le pourcentage d'indécis demeure record, mais il diminue

Le principal enseignement des derniers sondages disponibles, dont celui d'Odoxa pour FranceInfo rendu public ce vendredi, est que l'indécision des électeurs demeure à un niveau record. 34% des électeurs interrogés affirment qu'ils n'ont pas encore arrêté leur choix, ce qui laisse présager un sprint présidentiel final.

Une chronique: En France, une présidentielle à un tour

Deux données sont toutefois à retenir: la première est que cette indécision frappe surtout les électeurs de gauche. 43% des sympathisants du Parti socialiste disent ainsi n'avoir pas encore fait leur choix entre le candidat officiel du PS Benoît Hamon, celui de la «France insoumise» Jean Luc Mélenchon, et celui «d'En marche!» Emmanuel Macron. Points tout aussi importants: Macron et Mélenchon gardent une forte capacité d'attraction: 45% des électeurs affirmant qu'ils «pourraient» voter pour le premier et 34% pour le second. 

Il existe un vote caché en faveur de François Fillon

Seconde donnée importante: Un vote «caché» en faveur de François Fillon existe. Entre 6% et 10% des personnes interrogées, selon les derniers sondages disponibles, estiment qu'ils «peuvent encore» voter pour le candidat de la droite. Un réservoir de voix qui – compte tenu de son socle solide (entre 18 et 20%) et si les voix de gauche partent vers Mélenchon et Hamon en priorité – pourrait permettre au candidat de la droite d'arracher, le 23 avril au soir, la seconde place derrière Marine Le Pen.

A ce sujet: François Fillon, l’heure du forcing

Celle-ci, d'ailleurs, est pour l'heure la moins ébranlée par les enquêtes d'opinion. Son score, selon les instituts, oscille entre 23 et 26% des voix. Sa non qualification pour le duel final serait dès lors un démenti cinglant de tous les sondages. Il apparait très peu probable à ce stade, même si les affaires politico-judiciaires du FN continuent de défrayer la chronique. Ce vendredi, on a appris que les juges ont demandé la levée de son immunité parlementaire d'eurodéputé, ce qu'elle qualifie de «procédure ordinaire».

Leçon 2: En grande forme, Jean-Luc Mélenchon reste pour l'heure écarté du premier tour

On peut s'interroger, vu de l'étranger, sur la manière qu'ont les médias français de mettre désormais Jean-Luc Mélenchon en avant, comme ils l'ont fait au début de cette campagne présidentielle pour Emmanuel Macron. La réalité statistique – qu'il faut bien sûr compenser par la dynamique électorale, incontestable au vu de l'affluence dans ses meetings  – est que le candidat de la «France insoumise» n'est, pour l'heure, toujours pas en mesure de se qualifier pour le second tour. Il reste régulièrement devancé par le trio Le Pen-Macron-Fillon. Même s'il a encore progressé cette semaine, son meilleur score dans les sondages reste 18%, soit quatre points derrière le duo de tête Macron-Le Pen. Attention toutefois: le tout dernier sondage disponible, Ipsos-Sopra Steria pour Le Monde, le donne ce vendredi à 20% devant François Fillon. Or tous les experts estiment que les enquètes réalisées durant les derniers jours de campagne seront les plus fiables. 

Cette réalité a son importance, car elle va décider de la clef ultime de cette présidentielle à un tour: le vote utile. S'ils ne pensent pas que Jean-Luc Mélenchon peut se qualifier dans les jours qui précèdent le scrutin, nombre de ses électeurs de gauche pourraient bien, in extremis, décider de reporter leurs voix. Soit sur Benoît Hamon pour sauver le Parti socialiste de la débâcle annoncée. Soit sur Emmanuel Macron pour propulser ce dernier en finale et battre Fillon, le candidat de la droite qui veut supprimer 500 000 emplois de fonctionnaires...

Un duel Fillon-Le Pen? Oui le souvenir de 2002...

Autre scénario, pris très au sérieux ces jours-ci au PS et à l'Elysée où Francois Hollande suit tout cela attentivement: un éparpillement des voix de gauche (entre Mélenchon, Hamon, Macron et les candidats de l’extrême gauche Philippe Poutou et Nathalie Arthaud) qui ferait le jeu de la droite et du Front National, propulsant le 7 mai un duel Fillon-Le Pen.

Lire aussi: Marine Le Pen, une candidate déjà fatiguée du pouvoir

Cette situation a déjà eu lieu: en avril 2002 lorsque le premier ministre socialiste sortant Lionel Jospin fut éliminé au premier tour. Le seul à pouvoir éventuellement tirer profit d'une telle catastrophe serait Manuel Valls, battu à la primaire du PS, rallié à Macron et défenseur depuis des mois d'un vote utile «anti FN». Comme par hasard, des révélations sont sorties ce vendredi dans la presse sur l'utilisation par Valls, lorsqu'il était à Matignon, de fonds publics pour payer des sondages sur son image et son action à hauteur de plus d'une centaine de milliers d'euros. 

Consulter notre dossier consacré à la campagne électorale française.

Leçon 3: La dernière semaine de campagne sera déterminante

Deux dates vont marquer cette ultime semaine de campagne avant le premier tour de la présidentielle. Lundi, à Paris, les deux favoris Emmanuel Macron et Marine Le Pen s'affronteront à distance lors de deux grands meetings destinés à remotiver leurs sympathisants. Le premier sera à Paris-Bercy. La seconde sera au Zenith. Ce duel intervient alors que leurs campagnes donnent depuis quelques jours l'impression de marquer le pas. Le principal danger, pour le candidat Macron, est de perdre les voix des centristes de droite qui pourraient repartir chez Fillon, et de voir se déliter son flanc gauche sous les coups de boutoir de Mélenchon. Le risque, pour Marine Le Pen, est que la popularité de Mélenchon attire vers ce dernier les jeunes des classes populaires, un électorat trés fertile pour le FN. Pr vu que tout va se jouer à quelques points...

L'autre date à retenir est celle du grand rassemblement organisé par Benoit Hamon sur la Place de la République à paris, mercredi prochain. Au même endroit, symbole de la gauche, Jean-Luc Mélenchon avait réuni 70 000 personnes le 18 mars. L'on saura, à ce moment là, si la partie est définitivement perdues pour le candidat socialiste, vainqueur de la primaire fin janvier face à Manuel Valls. Ironiquement, Mélenchon aura préalablement volé le spectacle à son adversaire en tenant la veille, mardi, un meeting à Dijon, doublé dans six autres villes par son hologramme. Un vrai Mélenchon en Bourgogne. Six autres «virtuels» à Nantes, Clermont-Ferrand, Montpellier, Grenoble, Nancy et Le Port à la Réunion. Sauf incident technique, cette première fera l'évènement. 

François Fillon, lui, concentrera le tir sur le «régalien». Son meeting de mercredi à Marseille sera son point d'orgue. Objectif: apparaitre comme le candidat le mieux préparé et le plus capable de présider immédiatement la France. 

 

 

Dossier
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