Sauf miracle, la Suissesse Natalia Hersche célébrera son 51e anniversaire, le 20 octobre, dans une maison d’arrêt biélorusse. Elle a été emprisonnée pour avoir arraché le 19 septembre la cagoule d’un agent de sécurité du régime. Mardi, au terme de ses 15 jours de détention, Natalia Hersche a été traduite devant un procureur qui lui a signifié qu’une enquête pénale était ouverte contre elle sous l’article 363 alinéa 2 («résistance à un représentant des forces de l’ordre»), pour lequel elle risque jusqu’à 2 ans de prison. Arguant du fait qu’elle n’a pas de résidence permanente en Biélorussie, le procureur l’a placée en détention provisoire pour deux mois reconductibles durant le temps de l’enquête.

Retour au 19 septembre, jour de son arrestation. La scène se déroule dans une rue du centre de Minsk, la capitale. Comme chaque samedi depuis les élections présidentielles du 9 août, des milliers de femmes défilent pacifiquement pour réclamer le départ d’Alexandre Loukachenko. Au pouvoir depuis vingt-six ans, il prétend avoir remporté 81% des voix contre la très populaire candidate d’opposition Svetlana Tikhanovskaïa, après un décompte grossièrement falsifié. Les manifestations féminines hebdomadaires, bouquets de fleurs en main, servent à défier l’autocrate sans risquer la brutale répression policière qui se déchaîne depuis six semaines contre les manifestants masculins.