«Il est vrai que nous avons une crise économique grave qui a entraîné un haut niveau de déficit public, le plus haut de notre histoire», a reconnu M. Zapatero lors d’une intervention devant les parlementaires socialistes à Madrid.

«Il y a eu des mouvements qui ont entraîné une grande préoccupation sur […] la Bourse. Il semble qu’il y ait en effet des mouvements spéculatifs», a déclaré M. Zapatero, avant d’appeler «à la ténacité, au travail et au sang-froid».

Les marchés financiers se sont inquiétés, la semaine passée, d’une contagion à l’Espagne et au Portugal de la crise grecque, ce qui a entraîné jeudi dernier d’importants plongeons sur les Bourses de Madrid et de Lisbonne.

Le chef de gouvernement espagnol a souligné mardi qu’il «ne fallait pas oublier» que la dette publique espagnole était par rapport au PIB «de 20 points sous la moyenne européenne».

La dette publique totale de l’Espagne s’élèvera en 2010 à 65,9% du PIB, contre 84% en moyenne en Europe, selon des chiffres diffusés par le ministère de l’Economie espagnol. «La solvabilité et la solidité de notre pays est évidente» a assuré mardi M. Zapatero, ajoutant qu’un mouvement de «réajustement» de la Bourse de Madrid pouvait s’expliquer par le fait que la place avait progressé de 29% en 2009, soit plus que les grandes places en Europe et aux Etats-Unis.

Lundi, le gouvernement espagnol avait dénoncé les «manœuvres troubles» des opérateurs financiers, mais parallèlement, la ministre de l’Economie Elena Salago rencontrait discrètement à Londres la direction du Financial Times, journal très critique sur la situation économique et financière de l’Espagne.

En outre, le secrétaire d’Etat à l’Economie, José Manuel Campa entamait une tournée européenne pour exposer la situation des finances publiques espagnoles et le calendrier des émissions obligataires du pays.

Selon le journal El Pais, ce responsable a indiqué lundi à Londres dans une rencontre avec des investisseurs institutionnels que le pays serait prêt à des efforts d’austérité supplémentaires s’il ne parvenait à ramener son déficit public à 3% du PIB en 2013 (contre 11,4% du PIB en 2009).

Madrid a annoncé récemment un plan d’austérité de 50 milliards d’euros pour ramener son déficit public à 3% du PIB en 2013, ainsi qu’un projet d’allongement de l’âge légal de départ à la retraite à 67 ans contre 65 ans actuellement.

La Bourse de Madrid était légèrement positive mardi vers la mi-journée (Ibex-35 à + 0,40% à 12h20 GMT)