«Le président a paraphé le texte, qui est devenu une loi», a déclaré à la presse le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney. Barack Obama a paraphé cette loi peu de temps après son adoption au Sénat par 74 voix contre 26, et au lendemain de son adoption par la Chambre des représentants par 269 voix contre 161.

Après l’adoption de ce texte, le président américain Barack Obama a lancé un appel au Congrès.

«Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire croître cette économie et remettre l’Amérique au travail», a affirmé le président, après avoir tancé le Congrès pour s’être lancé dans une guerre de tranchée sur les déficits et les dépenses publiques plutôt que de se concentrer sur le chômage.

Pas assez de coupes pour les Républicains

Le vote est intervenu au lendemain de l’adoption du texte par la Chambre des représentants par 269 voix contre 161. «Ce n’est pas le plan de réduction des déficits que j’aurais écrit», a affirmé mardi peu avant le vote le chef de la minorité républicaine, Mitch McConnell, devant le Sénat. Les républicains auraient souhaité encore davantage de réductions budgétaires.

Le chef démocrate Harry Reid a ensuite souligné qu’il s’agissait d’un «compromis» entre deux parties en désaccord. Mais il a ajouté que «la majorité des démocrates, des indépendants et des républicains pensent que cet arrangement est injuste car les plus riches n’y ont pas contribué».

Le texte ne comporte aucune hausse d’impôt, un point sur lequel Barack Obama a dû céder face à la pression des républicains.

Bataille interminable

Après des semaines de bataille entre les deux partis, le Congrès autorise un relèvement du plafond de la dette américaine qui avait atteint le 16 mai son maximum à 14 294 milliards de dollars. La mesure est accompagnée de réductions budgétaires allant jusqu’à 2500 milliards de dollars en deux étapes.

Mais l’économie américaine est mal en point, avec un taux de chômage à 9,2% et une croissance faible à 1,3%. Et les derniers indicateurs ne sont pas rassurants: la consommation des ménages (- 0,2%) a donné de nouveaux signes de faiblesse, selon des données du mois de juin publiées mardi.

Au milieu de doutes sur les capacités de l’accord à parvenir efficacement à réduire les déficits américains dans les 10 prochaines années et assainir les finances, la Bourse de New York a de nouveau ouvert en baisse mardi.

En outre, le secrétaire au Trésor Timothy Geithner a affirmé mardi que la longueur du blocage pendant des semaines a fait «beaucoup de dégâts» et érodé la confiance des investisseurs dans l’économie américaine. Il a toutefois assuré être toujours «très confiant» quant à la «solidité» de l’économie américaine et ses «perspectives de croissance à long terme».

Impôts: une majorité de mécontents

Selon Ernie Patrikis, consultant financier chez White and Case à New York, «l’accord est un bon pas en avant, mais il est possible que les concessions sur les dépenses endommagent l’économie». Selon un sondage CNN/Opinion research poll, 60% des Américains désapprouvent le fait que le texte ne contienne pas de hausse d’impôts pour les plus riches.

L’accord prévoit un relèvement du plafond de la dette d’au moins 2100 milliards de dollars, pour permettre au Trésor de faire des emprunts après le 2 août, selon le Bureau du budget du Congrès (CBO), un organisme neutre. Le tout pour tenir jusqu’en 2013, soit après la prochaine présidentielle à laquelle Barack Obama est candidat.

Une commission spéciale bipartite du Congrès devra se mettre d’accord – avant Thanksgiving, fin novembre – sur des baisses de dépenses supplémentaires, après une première tranche de 1000 milliards de dollars.

Dans le cas où aucun accord n’interviendrait sur des réductions supplémentaires, un mécanisme contraignant se mettrait en place, imposant des réductions budgétaires automatiques.