Deux «conseillers» français ont été enlevés mardi à Mogadiscio où ils apportaient une aide en matière de sécurité au gouvernement fédéral, a annoncé le ministère français des Affaires étrangères, confirmant une information de source somalienne.

«Ils apportaient une aide en matière de sécurité au gouvernement fédéral de transition du président Cheikh Charif. Dès que cette information a été connue, tous les services de l’Etat concernés se sont mobilisés ainsi que notre ambassade à Nairobi, compétente pour la Somalie», dit le communiqué. Le ministère n’a donné aucune précision sur l’identité de ces fonctionnaires, sur le fait de savoir s’il s’agit de militaires ou de civils, leur corps d’origine ou la durée de leur présence en Somalie.

Un haut responsable somalien avait indiqué auparavant que les deux étrangers enlevés étaient des Français travaillant pour les services de renseignement français. Il avait précisé à l’AFP que les otages n’étaient pas des journalistes, contrairement à ce qu’avait indiqué dans un premier temps la police somalienne.

Enregistrés comme journalistes

Les deux otages ont été enlevés mardi matin dans l’hôtel Sahafi, dans le sud de la capitale somalienne, Mogadiscio, par une dizaine de miliciens qui ont désarmé les gardes de sécurité de l’hôtel, selon un policier somalien. Selon la direction de l’hôtel, les deux otages s’étaient enregistrés comme journalistes auprès de son hôtel, sans pouvoir préciser leur nationalité.

L’enlèvement des deux hommes s’est produit le jour de la fête nationale française, marqué par un défilé annuel à Paris des unités d’élite des forces armées.

Selon une source française proche du dossier, les deux «conseillers participaient à la préparation et à l’évaluation d’une mission d’assistance officielle à la demande des autorités gouvernementales somaliennes». Cette mission était «relative à la formation de personnels» somaliens.

Assistance française programmée

La France s’est engagée au printemps à former à Djibouti un bataillon de l’armée somalienne, soit 500 hommes. La France dispose à Djibouti d’une base permanente de 2 900 militaires et la formation devait débuter cet été.

A l’origine, la formation de militaires somaliens devait débuter en septembre. En raison de la dégradation de la situation à Mogadiscio, les préparatifs se sont accélérés et cette formation devait débuter en août à Djibouti.

Le gouvernement somalien ne peut actuellement compter que sur 3 000 soldats et policiers sous-équipés pour garantir la sécurité d’un pays en proie depuis 1991 à une guerre civile. Depuis deux mois, le gouvernement somalien est soumis à des attaques incessantes de milices extrémistes islamistes qui ont juré de combattre jusqu’au départ de la force de paix de l’Union Africaine en Somalie (Amisom – 4 300 hommes sur 8 000 initialement prévus), déployée depuis début 2007.

Les enlèvements d’étrangers sont courants en Somalie, où journalistes et humanitaires payent un lourd tribut aux rançonneurs.