Euna Lee, Américaine d’origine coréenne, Laura Ling, Américaine d’origine chinoise, travaillaient toutes deux pour la chaîne de télévision californienne Current TV. Elles avaient été arrêtées le 17 mars pour avoir, selon Pyongyang, commis des «actes hostiles» et pénétré illégalement sur le territoire nord-coréen. Leur procès s’est ouvert aujourd’hui à 15h00 heure locale (6h00 GMT), selon l’agence officielle nord-coréenne.

Elles risquent jusqu’à 10 ans de travaux forcés, selon Reporters sans frontière (RSF), alors qu’Amnesty International a récemment douté que les deux journalistes bénéficient d’un procès équitable. Selon des analystes sud-coréens, le chef d’accusation d’«actes hostiles» est passible d’un minimum de cinq ans de détention et des travaux forcés.

Le procès se tient à l’heure où un changement de pouvoir semble se concrétiser en Corée du Nord, et que les tensions entre le régime ermite et la communauté internationale sont à leur comble. Le 25 mai, la Corée du Nord avait annoncé un deuxième essai nucléaire, une manœuvre unanimement condamnée dès le lendemain par le Conseil de sécurité de l’ONU. Depuis, l’armée nord-coréenne multiplie les tirs de missiles comme autant d’actes de défiance. En outre, signe qu’un changement est imminent à la tête du dernier régime stalinien du monde, les principales instances gouvernementales auraient, en début de semaine, prêté allégeance à Kim Jong-un, fils cadet de l’actuel dirigeant Kim Jong-il, ont rapporté les services secrets sud-coréens en début de semaine.

Reporters sans frontières a appelé «les autorités judiciaires nord-coréennes à la plus grande clémence» et espéré pour les deux jeunes femmes «l’acquittement et la libération». La famille, les amis et des collègues des deux femmes ont organisé en leur soutien une veillée aux chandelles mercredi soir à Washington et dans sept autres villes des Etats-Unis.

La journaliste américaine d’origine iranienne Roxana Saberi, qui a été détenue dans une prison près de Téhéran, a adressé une lettre de soutien aux deux jeunes femmes. «Je voudrais remercier tous ceux qui m’ont soutenue pendant que j’étais détenue à la prison d’Evine […]. J’ai été libérée largement grâce au soutien de gens comme vous», a-t-elle écrit.

Dans les années 90, Washington avait obtenu la libération de deux de ses ressortissants arrêtés par Pyongyang: un jeune homme soupçonné d’espionnage et un pilote d’hélicoptère militaire abattu après avoir pénétré l’espace aérien nord-coréen.