Sur la chaîne publique VTV, Nicolas Maduro a brandi lundi les passeports de deux Américains arrêtés. Les deux suspects sont présentés comme des «membres de la sécurité» du président des Etats-Unis Donald Trump. Au total, quinze personnes ont été arrêtées en deux jours pour une tentative «d'invasion» par mer du Venezuela, a affirmé le président socialiste du pays.

Plus tôt lundi, le parquet vénézuélien avait accusé le dirigeant de l'opposition Juan Guaido d'avoir recruté des «mercenaires» avec des fonds du pays pétrolier bloqués par des sanctions américaines. Des «mercenaires» ont signé des «contrats» pour 212 millions de dollars avec l'argent «volé à (l'entreprise pétrolière d'Etat) PDVSA» et «des comptes appartenant (à Caracas) qui ont été bloqués à l'étranger», a déclaré à la presse le procureur général Tarek William Saab, mettant en cause un ancien militaire américain du nom de Jordan Goudreau.

La «signature» de Juan Guaido

«Ce contrat est public. On peut y voir la signature (...) du citoyen Juan Guaido» et de «Jordan Goudreau lui-même», a-t-il affirmé en référence à un document présumé dévoilé par une journaliste vénézuélienne basée à Miami, Patricia Poleo. Le représentant du ministère public a également diffusé une vidéo où Jordan Goudreau, qui a fondé une société privée de sécurité appelée Silvercorp USA, affirme qu'une opération contre Nicolas Maduro est en cours.

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Le président vénézuélien a attribué la responsabilité du plan à Donald Trump et au président colombien Ivan Duque et affirmé que les deux suspects arrêtés, présentés comme Luke Denman et Airan Berry, sont liés à cette société. 

Des accusations réfutées

Juan Guaido a rejeté lundi ces accusations, niant tout lien avec cette société de sécurité. Le parquet a ouvert plusieurs enquêtes contre Juan Guaido, reconnu président par intérim par près d'une soixantaine de pays, sans émettre de mandat d'arrêt.

Dimanche, Caracas avait affirmé avoir déjoué dans l'Etat de La Guaira, à une quarantaine de minutes de la capitale vénézuélienne, une tentative d'«invasion par voie maritime» de «mercenaires» venant de Colombie dans le but de fomenter un «putsch» contre Nicolas Maduro. L'opération s'est soldée par la mort de huit «terroristes».

Appel au soulèvement

Cette tentative d'«invasion» présumée intervient un peu plus d'un an après l'appel au soulèvement de l'armée lancé par Juan Guaido. Le 30 avril 2019, il avait, en vain, tenté d'inciter les casernes à se rebeller contre l'«usurpateur» Nicolas Maduro. Selon le numéro deux du régime, Diosdado Cabello, le capitaine dissident Antonio Sequea qui comptait parmi la trentaine de militaires à s'être soulevés le 30 avril 2019, a été arrêté lundi avec d'autres personnes dans la localité côtière de Chuao, au nord du pays.

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Le pouvoir chaviste accuse régulièrement Juan Guaido d'être impliqué dans des «complots» contre le président socialiste, avec l'aide de la Colombie et des Etats-Unis. Nicolas Maduro continue à jouir du soutien de l'état-major de l'armée, pièce-maîtresse du système politique vénézuélien, mais aussi de la Chine, de la Russie et de Cuba.