Les Etats-Unis ont annoncé, mercredi, la libération de deux Américains prisonniers des rebelles Houthis au Yémén. A 20 jours de l'élection présidentielle au cours de laquelle Donald Trump briguera un second mandat, la Maison-Blanche a vanté le bilan du milliardaire républicain concernant le rapatriement de nombreux «otages» américains.

«Les Etats-Unis saluent la libération ce jour des citoyens américains Sandra Loli et Mikael Gidada des mains des Houthis au Yémen. Nous adressons nos condoléances à la famille de Bilal Fateen dont la dépouille sera également rapatriée», a déclaré dans un communiqué le conseiller présidentiel pour la sécurité nationale, Robert O'Brien.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a confirmé que ce dernier était «décédé pendant sa captivité», sans toutefois évoquer les circonstances de sa mort.

Deux Américains libérés

La détention de ces Américains n'avait auparavant fait l'objet d'aucune communication officielle de Washington. Richard Boni, le mari de Sandra Loli, a déclaré qu'elle s'était rendue au Yémen pour travailler dans l'humanitaire, et notamment dans la distribution d'eau potable, avant d'être retenue en otage pendant seize mois. «Nous attendions cette journée depuis longtemps», a-t-il dit dans un communiqué.

Mikael Gidada, un homme d'affaires américain, était lui retenu depuis environ un an, a précisé un conseiller du président Trump au Wall Street Journal, qui a révélé leur libération.

La Maison-Blanche a remercié les monarques d'Oman et d'Arabie saoudite «pour leurs efforts afin de permettre la libération» de ces Américains.

Le retour de 240 personnes depuis Oman aurait été refusé par la coalition

D'après le Wall Street Journal, ils ont été relâchés dans le cadre d'un échange. Les Houthis ont de fait annoncé qu'environ 240 membres de leur mouvement avaient pu rentrer mercredi à Sanaa, la capitale du Yémen contrôlée par les rebelles.

Regarder la vidéo: Trois minutes pour tout comprendre sur la guerre au Yémen

Il s'agit d'un groupe de personnes qui s'étaient rendues à Oman il y a deux ans pour des soins médicaux, mais qui étaient depuis bloquées dans le pays du Golfe. Elles ont été rapatriées «à bord de deux avions d'Oman», a déclaré un porte-parole des Houthis, Mohammed Abdel Salam. «Parmi elles figurent les personnes blessées qui s'étaient rendues à Mascate pendant les pourparlers en Suède, et que les Nations unies n'ont pas laissé repartir conformément aux accords», a-t-il dit au sujet de négociations organisées par l'ONU en 2018.

Un haut responsable rebelle, Mohamed Ali al-Houthi, a accusé la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite reconnu internationalement, d'avoir refusé jusqu'ici le retour de ces 240 personnes depuis Oman.

«Aujourd'hui nous sommes heureux d'accueillir certains frères blessés qui étaient bloqués à l'étranger à cause du siège brutal persistant imposé à notre pays», a-t-il dit sur Twitter. «La coalition a empêché leurs allées et venues, dans un de ses crimes de guerre contre les Yéménites.»

La libération des otages américains, objectif de campagne de Trump

La guerre au Yémen a fait des dizaines de milliers de morts, pour la plupart des civils, selon les ONG internationales, et provoqué ce que l'ONU a décrit comme la pire crise humanitaire dans le monde. Les Etats-Unis soutiennent la coalition menée par Riyad, malgré les critiques des défenseurs des droits humains qui dénoncent ses méthodes et bavures, face à l'Iran, ennemi commun accusé de manipuler les Houthis et de déstabiliser le Moyen-Orient.

Lire encore: Donald Trump se félicite de la libération de trois otages en Corée du Nord

Depuis son élection il y a quatre ans, Donald Trump a clairement fait de la libération des «otages» américains et de ses concitoyens «injustement détenus» à l'étranger une priorité. Il a enregistré plusieurs succès sur ce terrain, notamment avec le rapatriement d'Américains depuis la Corée du Nord et l'Iran, parfois dans des échanges de prisonniers. «Le président Trump a ramené à la maison plus de 50 otages et détenus depuis 22 pays depuis sa prise de fonctions», a assuré son conseiller Robert O'Brien.