Londres s'efforçait lundi de relativiser les conclusions d'un rapport confidentiel montrant que moins de la moitié des bombes lâchées par les avions de la Royal Air Force lors de la campagne de l'OTAN contre la Yougoslavie en 1999 avaient atteint leur cible. En février dernier, le Ministère de la défense avait pourtant affirmé que cette campagne de bombardements était la plus efficace qu'ait jamais menée la Royal Air Force. Selon ce document secret, découvert lors d'une enquête conjointe de la BBC et du magazine Flight International, seulement 2% des bombes conventionnelles de 500 kilos – les plus utilisées lors de cette campagne – ont touché leur objectif. Les bombes à guidage laser ont pour leur part enregistré un taux de réussite de 66% et les bombes à fragmentation un taux de 69%.

En moyenne, seulement 40% de toutes les bombes lâchées par les avions britanniques ont touché leur cible, ce qui laisse penser que les «dommages collatéraux» – victimes civiles notamment – pourraient être plus importants que prévu, selon la BBC. Lors du conflit, les responsables militaires britanniques avaient expliqué que les avions de la RAF ne lâchaient leurs bombes que lorsqu'ils étaient sûrs d'atteindre leur cible. Toutefois, une partie des bombardements avaient été effectués depuis une altitude de 30 000 pieds (9100 mètres), de manière à réduire au maximum les risques pour les pilotes alliés.

Le secrétaire d'Etat aux Forces armées, John Spellar, a expliqué que plusieurs facteurs avaient affecté la précision des bombardements, notamment de mauvaises conditions météorologiques et «une importante présence antiaérienne. Etant donné les circonstances, nous obtenions des résultats extrêmement précis.» «Personne ne s'attend à une précision de 100%. Ce n'est pas un jeu vidéo, c'est une guerre», a pour sa part affirmé un porte-parole de Downing Street.

AFP