La Cour pénale internationale (CPI) ouvre, ce 24 novembre, son second procès. Les accusés, Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui, chefs miliciens congolais, doivent répondre d’une longue liste de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis dans le cadre de l’attaque du village de Bogoro, dans le district de l’Ituri, dans l’Ouest de la RDC. Pas moins de 345 personnes se sont vues attribuer le statut de victimes dans cette affaire contre 93 dans le premier procès. Celles-ci seront représentées aux débats par deux représentants légaux et pourront demander réparation.

Germain Katanga, commandant de la Force de résistance patriotique en Ituri, et Mathieu Ngudjolo Chui, ancien dirigeant du Front des nationalistes et intégrationnistes, sont poursuivis pour meurtre, esclavage sexuel, viol, enrôlement d’enfants soldats, attaques contre des civils, homicide intentionnel, destruction de biens pillage et esclavage sexuel.

Par l’abondance de ses charges, ce procès se distingue encore de celui intenté contre Thomas Lubanga Dyilo- autre chef milicien congolais- qui a démarré le 26 janvier 2009 et qui est toujours en cours. Dans ce tout premier dossier, le procureur Luis Moreno Ocampo s’était limité à viser l’accusation, certes nouvelle dans le contexte de la justice internationale, d’enlèvement d’enfants pour les faire activement participer aux hostilités.

Pour cette nouvelle affaire, le Bureau du procureur fera comparaître 26 témoins, dont un expert. Une majorité de ces dépositions- mesures de protection obligent- se feront sous couvert d’anonymat. Des enregistrements vidéos ainsi que de nombreux documents seront présentés à la Cour qui siège à La Haye. La participation des victimes, prévue par le Statut de Rome, suscite toujours autant d’attentes. La Coalition pour la CPI, qui réunit des ONG, s’est déjà félicitée de la présence massive des victimes dans ce procès tout en espérant que leur regroupement- il n’y aura que deux conseils pour faire entendre autant de voix- n’affectera pas les garanties d’une véritable prise en compte de leurs opinions.