Les deux documents publiés par le gouvernement Blair pour justifier une action militaire contre l'Irak sont de nature différente, mais la controverse qui les entoure est identique.

En septembre 2002, juste après un autre rapport publié par l'International Institute of Strategic Studies, basé à Londres et à Washington, le gouvernement britannique publie son propre dossier à charge sur les capacités du régime de Bagdad en matière d'armes de destruction massive (ADM). Y figurent notamment la liste des composants chimiques et biologiques dont personne ne sait ce qu'ils sont devenus, et la fameuse affirmation sur les quarante-cinq minutes nécessaires au déploiement des ADM.

En février 2003, un dossier plus mince est publié sur Internet et présenté au parlement. Il souligne entre autres les liens entre Bagdad et des groupes terroristes. Trois jours plus tard, une chaîne de télévision révèle qu'il est copié sur la thèse d'un étudiant américain, dont certains mots ont été changés pour rendre les phrases plus convaincantes.

Tandis que le leader de l'opposition conservatrice réclame une excuse au parlement de la part de Tony Blair, Robin Cook, ancien membre du cabinet qui a démissionné à cause de l'Irak, estime que «les preuves s'accumulent qui montrent que le gouvernement a engagé un conflit sur des renseignements erronés.»