«Les deux hommes ont été inculpés de quatre chefs d’accusation», a indiqué le procureur George Baloi à la sortie du tribunal de Ventersdorp (nord-ouest): effraction, meurtre, tentative de vol et atteinte à la dignité de la victime. «Après avoir agressé le défunt, ils ont baissé son pantalon jusqu’à ses genoux et révélé ses parties intimes», a-t-il ajouté pour expliquer le dernier chef d’accusation.

Les deux suspects, des ouvriers agricoles de 15 et 28 ans, ont quitté en début d’après-midi le palais de justice à bord d’un véhicule des forces de l’ordre sous les vivats de dizaines de Noirs. Les militants de l’extrême droite blanche, qui s’étaient également rassemblés devant le tribunal dans la matinée, avaient en revanche quitté les lieux. Les deux hommes ont été remis en détention jusqu’à une prochaine audience, le 14 avril, a précisé le procureur. Zola Majavu, l’avocat du mineur, a indiqué qu’il ferait une demande de mise en liberté provisoire à cette occasion.

Eugène Terre’Blanche, leader du Mouvement de résistance afrikaner (AWB), a été battu à mort samedi à l’âge de 69 ans dans sa ferme de Ventersdorp, à une centaine de kilomètres de Johannesburg. Deux de ses ouvriers agricoles s’étaient immédiatement livrés à la police. Selon les médias locaux, ils ont expliqué s’être énervés parce que leur patron avait refusé de leur verser leur salaire mensuel de 300 rands, soit 45 francs suisses.

L’affaire a ravivé les tensions raciales dans un pays où la couleur de la peau reste déterminante 16 ans après l’abolition de l’apartheid. L’African National Congress (ANC), le parti au pouvoir, a multiplié les appels au calme, ce qui, selon la BBC, a incité les membres de l’AWB à renoncer à la violence et à leurs vélléités de vengeance.