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Un officier de police garde un périmètre de sécurité devant le parc Queen Elizabeth Gardens à Salisbury, Angleterre, le 4 juillet 2018.
© Matt Dunham/AP

Royaume-Uni

Deux hospitalisations suspectes en Angleterre, quatre mois après l’affaire Skripal

Le mystère entourait mercredi l’hospitalisation de deux personnes exposées à une «substance inconnue» et retrouvées inconscientes près de la ville où l’ex-espion russe Sergueï Skripal avait été victime d’une tentative d’empoisonnement en mars

Deux personnes, un homme et une femme, toutes deux quadragénaires, ont été retrouvées inconscientes samedi 30 juin dans une habitation d’un quartier résidentiel moderne de la ville d’Amesbury, située à une dizaine de kilomètres de Salisbury.

Les deux patients hospitalisés «sont dans un état critique» et «reçoivent un traitement pour une exposition présumée à une substance inconnue à l’hôpital de Salisbury», a précisé la police du comté de Wiltshire, qui dit considérer l’événement comme un «incident majeur». La police anti-terroriste a été associée à l’enquête, à titre «procédural» en raison de la présence d’une substance inconnue, a indiqué Scotland Yard.

«Samedi, j’ai vu des camions de pompiers et des ambulances, ils ont barré la route, a expliqué à l’AFP Nathalie Smyth, une voisine âgée de 27 ans. Ils ont précisé que c’était un incident chimique, puis que c’était lié à la drogue. Certaines personnes portaient des combinaisons protectrices.»

C’est à Salisbury que Sergueï Skripal, alors âgé de 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, ont été victimes d’une tentative d’empoisonnement le 4 mars, un incident attribué par le Royaume-Uni à la Russie et qui a entraîné une crise diplomatique.

«Pas de raison de penser que cela soit lié» à l’affaire Skripal

A Amesbury, la police avait initialement émis l’hypothèse d’un incident lié à l’absorption d’héroïne ou de crack, mais elle a précisé que des tests complémentaires avaient désormais lieu «pour établir la nature de la substance qui a conduit ces patients à tomber malades».

«Nous gardons l’esprit ouvert quant aux circonstances de l’incident, a déclaré le commissaire Angus Macpherson sur la BBC. Il n’y a pas de raison de penser que cela soit lié», à l’affaire Skripal, a-t-il ajouté. Des échantillons ont été amenés au laboratoire militaire de Porton Down pour être testés.

Plusieurs cordons de sécurité ont été mis en place dans des endroits où auraient pu se rendre les deux quadragénaires avant leur contamination. La présence policière a été renforcée dans les deux villes.

Lire aussi: «Les armes chimiques ne sont pas un vestige de l'Histoire»

A Salisbury, le jardin public Queen Elizabeth Garden a été fermé au public, selon la radio locale Spire. La police s’est également positionnée devant l’église baptiste d’Amesbury, où les deux patients ont participé à un événement au cours du week-end.

«Nous sommes tous très perplexes et choqués», a confié le secrétaire de l’église, Roy Collins. Bien sûr, le lien avec Salisbury et les événements récents entraîne un intérêt public accru. Il y a des inquiétudes.»

«Pas de risque sanitaire significatif pour le grand public»

L’agence de santé publique Public Health England (PHE) a estimé que cet événement ne posait «pas de risque sanitaire significatif pour le grand public». Cet avis sera «continuellement réévalué, en fonction des informations connues», a prévenu un porte-parole de PHE cité par l’agence Press Association.

Le 4 mars, Sergueï et Ioulia Skripal avaient été retrouvés inconscients sur un banc dans un centre commercial en plein air et hospitalisés dans un état critique à l’hôpital de Salisbury. Ils avaient tous deux été victimes d’une tentative d’empoisonnement avec un agent innervant de la famille des Novitchok, selon le gouvernement britannique.

Le premier policier à leur avoir porté secours, Nick Bailey, avait lui aussi été contaminé et hospitalisé dans un état grave. Tous trois avaient été soignés plusieurs semaines avant de pouvoir quitter l’hôpital.

Lire aussi: Affaire Skripal: la Russie porte le dossier devant l’ONU

Les forces de l’ordre avaient alors quadrillé la ville de Salisbury avec l’aide de l’armée. Plusieurs cordons policiers avaient été installés, notamment autour de la maison de l’ex-espion, ainsi qu’au cimetière de Salisbury.

Un travail de nettoyage chimique, pouvant durer «un certain nombre de mois», avait été entrepris par des spécialistes sur neuf sites contaminés.

Londres a pointé la responsabilité de Moscou, qui a nié toute implication dans cette tentative d’empoisonnement. Cet événement avait abouti à une crise diplomatique et à la plus importante vague d’expulsions croisées de diplomates de l’Histoire.

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