Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Michael Cohen quitte le tribunal de New York après avoir payé une caution de 500 000 dollars. /REUTERS /Mike Segar
© REUTERS / MIKE SEGAR

Justice

Deux mauvaises nouvelles judiciaires pour Donald Trump

L’ancien avocat du président américain, Michael Cohen, a plaidé coupable notamment pour deux versements d’argent, «à la demande du candidat», à des femmes affirmant avoir eu une liaison avec Donald Trump. De son côté, l’ex-chef de campagne Paul Manafort est condamné pour fraude fiscale

La journée de mardi a été marquée par deux fort mauvaises nouvelles pour le président américain. Impliqués dans des procédures judiciaires, son ancien avocat, Michael Cohen, et son ancien chef de campagne, Paul Manafort, ont, pour des raisons diverses, porté tort à Donald Trump. Le coup le plus grave vient de Michael Cohen.


Michael Cohen dit avoir versé de l’argent «à la demande du candidat»

Après quatre mois d’enquête, Michael Cohen a plaidé coupable de huit chefs d’inculpation, dont cinq pour fraude fiscale et un pour fraude bancaire, lors d’une audience au Tribunal fédéral de Manhattan, à New York.

Interrogé par le juge, l’avocat new-yorkais de 51 ans a indiqué avoir versé des sommes de 130 000 et 150 000 dollars destinées à deux femmes affirmant avoir eu une liaison avec Donald Trump en échange de leur silence, «à la demande du candidat» et «avec l’intention d’influencer l’élection» présidentielle de 2016.

Lire aussi: L’avocat de Donald Trump invoque le cinquième amendement

Cet aveu est une réelle bombe pour celui qui a finalement remporté la présidentielle de 2016, car il sous-entend qu’il pourrait avoir lui-même commis un délit. Si les versements à l’actrice pornographique Stormy Daniels et à Karen McDougal, une ex-playmate du magazine Playboy, qui affirment toutes deux avoir eu une liaison avec Donald Trump au milieu des années 2000, étaient connus, le locataire de la Maison-Blanche a jusqu’ici nié tout acte contraire à la loi dans ces affaires.

Un changement de stratégie

Les déclarations de l’avocat ont été immédiatement qualifiées de très graves pour Donald Trump par les commentateurs. La salle d’audience était bondée pour l’occasion. Le coup est d’autant plus spectaculaire qu’il vient d’un ancien fidèle du président, qui fut longtemps si prompt à le défendre et à attaquer ses adversaires qu’il était parfois surnommé «le pitbull» de Donald Trump. Michael Cohen a en effet travaillé pendant plus de dix ans pour le magnat de l’immobilier new-yorkais. Il s’était dit un temps prêt «à prendre une balle» pour lui.

Lire aussi: L’ancien avocat de Trump soupçonné de fraudes pour 20 millions de dollars

Mais ce père de famille, dont les bureaux ont été perquisitionnés en avril, avait, ces dernières semaines, changé d’avocat et de stratégie. Il semblait prêt à attaquer de front son ancien patron. Il avait notamment fait diffuser un enregistrement compromettant pour le président.

La quasi-totalité des chefs d’inculpation retenus contre Michael Cohen sont passibles d’une peine maximale de prison de 5 ans, sauf l’accusation de déclaration frauduleuse à une banque, pour laquelle il risque 30 ans de détention.

«Des accusations très graves»

Les accusations pour fraude fiscale portent sur des revenus non déclarés de quelque 4,1 millions de dollars sur la période 2012-2016, dont 3 millions proviennent de ses intérêts dans des sociétés de taxis new-yorkaises, a précisé le procureur fédéral de Manhattan. Quant à la fraude bancaire, Michael Cohen a omis de déclarer une dette de 14 millions de dollars afin d’obtenir un prêt de 500 000 dollars. Les deux chefs d’accusation pour contributions illégales à une campagne électorale découlent elles des paiements faits aux deux femmes.

«Ce sont des accusations très graves, qui reflètent un mode de fonctionnement fait de mensonges et de malhonnêteté, sur une longue période», a déclaré le procureur à la sortie du tribunal.

Michael Cohen, qui aura 52 ans le 25 août, a été remis en liberté après avoir plaidé coupable, moyennant 500 000 dollars de caution et la remise de son passeport aux enquêteurs.

En déplacement en Virginie-Occidentale, Donald Trump a soigneusement éludé toutes les questions sur Michael Cohen. Ce rebondissement spectaculaire intervient le jour où un autre proche du président, son ex-chef de campagne Paul Manafort, a été reconnu coupable de huit chefs d’accusation par un jury populaire, après un procès pour fraude bancaire et fiscale.


Paul Manafort est condamné pour fraude

Pour sa part, l’ancien chef de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, a été condamné pour fraude bancaire et fiscale. Le jury du tribunal fédéral d’Alexandria, en Virginie, ne s’est toutefois accordé que sur huit des 18 chefs d’accusation qui le visaient.

Son procès ne portait pas sur des faits directement liés à une possible collusion entre des membres de l’équipe de campagne du président américain et des responsables russes. Mais il est le premier à découler des investigations menées depuis mai 2017 par le procureur spécial Robert Mueller.

Lire aussi: Paul Manafort affronte les juges

«Nous ne parvenons pas à aboutir à un consensus sur dix des chefs d’accusation», ont fait savoir les jurés dans un communiqué lu à l’audience. Le juge a donné à l’accusation jusqu’au 29 août pour décider s’il fallait rejuger Paul Manafort pour les accusations sur lesquelles le jury n’a pu parvenir à se mettre d’accord. En conséquence, le magistrat n’a pas fixé de date pour l’annonce de la condamnation pour les autres d'entre elles.

Paul Manafort, 69 ans, est resté calme pendant la lecture du verdict. Son avocat a déclaré qu’il «envisage toutes les options possibles» après sa condamnation. Il encourt une peine maximale de 80 années de prison. Mais plusieurs spécialistes judiciaires estiment qu’il sera condamné à une peine d’emprisonnement d’environ 10 ans.

Donald Trump rejette tout soupçon de collusion

Ce procès, très suivi aux Etats-Unis, était vu comme un test. Les douze jurés de la Cour fédérale d’Alexandria, près de Washington, six femmes et six hommes, délibéraient depuis jeudi, après deux semaines de débats. L’issue de l’audience représente au final une victoire, bien qu’incomplète, pour le procureur spécial Robert Mueller, chargé d’enquêter sur une éventuelle collusion entre l’équipe de campagne de Donald Trump en 2016 et Moscou.

La condamnation de Paul Manafort affaiblit par ailleurs la position du président Donald Trump, qui ne cesse de dénoncer une «chasse aux sorcières».

Lire aussi: Paul Manafort, menteur invétéré ou professionnel trahi?

«Je me sens très triste», a réagi le président américain en marge d’un déplacement en Virginie-Occidentale, au sujet de Paul Manafort, un «homme bien». Donald Trump a tenu à rappeler que cette décision judiciaire n’avait en soi «rien à voir» avec une éventuelle collusion, qu’il nie farouchement depuis des mois. «Où est la collusion? a-t-il lancé à ses supporters pendant la soirée. Ils cherchent toujours une collusion. Où est la collusion? Trouvez de la collusion!»

Des faits découverts lors de l’enquête du procureur Mueller

Paul Manafort, un ex-consultant politique influent,  était accusé d’avoir dissimulé au fisc américain 16 millions de dollars qu’il avait gagnés en tant que consultant politique pour des politiciens pro-russes en Ukraine et avec ses activités de conseil auprès de l’ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch, jusqu’à sa fuite d’Ukraine en 2014.

Lire aussi: L’ex-avocat de Donald Trump plaide coupable pour fraudes fiscales

Il était également poursuivi pour avoir ensuite trompé des banques sur ses finances pour obtenir des prêts de 20 millions, lorsque ses revenus se sont taris. Ces faits ont été découverts au cours de l’enquête du procureur Mueller, qui se poursuit malgré les appels incessants de la Maison-Blanche qui souhaite y voir mettre un terme.

Un second procès attend Paul Manafort, le 17 septembre à Washington pour lequel il est accusé de blanchiment d’argent et d’entrave à la justice. Le second procès devrait permettre de préciser la nature des relations de Paul Manafort avec la Russie de Vladimir Poutine.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo monde

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

Cela faisait 5 ans que le pays adepte des grandes démonstrations de force n'avait plus organisé ses «jeux de masse», où gymnastes et militaires se succèdent pour créer des tableaux vivants devant plus de 150 000 spectacteurs. Pourquoi ce retour?

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

n/a