Le jour se lève péniblement sur la petite ville de Varach, aux confins de l’Ukraine et de la Biélorussie. Quelques lampadaires diffusent une lumière réduite au minimum pour éviter d’attirer les missiles russes. Rien ne bouge, le froid est glacial. Soudain une alarme stridente retentit à travers les immeubles et la plupart des habitants gagnent les abris. Un bombardement s’approche, il faut gagner au plus vite les sous-sols. Des pas précipités, des chuchotements d’enfants, des rappels à l’ordre de parents inquiets. Tous ont en tête les images de l’autre bout du pays, ces villes en ruines dévorées par les bombes russes, les immeubles éventrés, ces cadavres de civils. Au loin, les fumées impressionnantes de la centrale nucléaire de Varach, ces six tours de béton qui recrachent de la vapeur d’eau dans un ciel lourd.