L’agence américaine des médicaments (FDA) a donné son feu vert à la société Advanced Cell Technology (ACT) de commencer un essai clinique sur douze patients âgés d’au moins 18 ans. Ils sont atteints d’une forme avancée de la maladie de Stargardt, une affection héréditaire de l’œil liée à une dégénérescence de la rétine, a indiqué ce lundi la firme du Massachusetts.

La FDA avait pour la première fois accepté en 2009 qu’une autre société, Geron Corporation, procède à un essai clinique basé sur des cellules souches embryonnaires humaines chez des personnes paralysées à la suite d’une lésion à la moelle épinière. Cet essai clinique a commencé en octobre.

Le nouvel essai devrait offrir pour la première fois une thérapie contre la maladie de Stargardt, due à l’altération d’un gène et touchant les enfants surtout entre sept et douze ans. C’est l’une des formes les plus fréquentes de cécité juvénile. «Il n’existe actuellement aucun traitement contre la maladie de Stargardt», rappelle le Dr Robert Lanza, responsable scientifique de ACT. «Avec des cellules souches embryonnaires, on peut générer un nombre illimité de cellules de l’épithélium pigmentaire de la rétine, les premières à mourir dans cette maladie et d’autres formes de dégénérescence maculaire» touchant des personnes de plus de 60 ans, ajoute-t-il.

La dégénérescence maculaire pour les personnes âgées est l’une des principales causes de cécité avec plus de 30 millions de cas dans le monde. Les cellules épithélium – réceptrices de la lumière de l’œil et essentielles à la vision – dérivées des cellules embryonnaires humaines ont permis une restauration complète de la vue chez les rats sans effets secondaires, souligne la firme. Les cellules souches embryonnaires sont les seules cellules ayant la capacité de se multiplier sans limite et de devenir n’importe quelles cellules du corps, présentant ainsi un énorme potentiel pour traiter nombre de maladies incurables comme le Parkinson.

Mais la recherche et l’utilisation de ces cellules est controversée car elles sont prélevées sur l’embryon humain au premier stade de son développement, ce qui entraîne sa destruction. Des groupes religieux et des élus conservateurs s’y opposent. Une action judiciaire avait abouti en août à un gel des fonds fédéraux alloués à la recherche sur ces cellules. La suspension de cette décision début octobre permet de poursuivre ces travaux le temps que la cour d’appel statue. Le président Barack Obama avait levé en 2009 les restrictions sur l’utilisation de fonds publics imposées sur ces cellules en 2001 par l’administration Bush.