Etats-Unis

Devant le Sénat, William Barr jure de protéger l'intégrité de l'enquête russe

Lors de son audience de confirmation au Sénat, le candidat de Donald Trump au ministère de la Justice a martelé qu'il était un homme «indépendant». Mais il s'est heurté à la méfiance des démocrates

Le candidat de Donald Trump au poste de ministre de la Justice, William (dit Bill) Barr, a juré mardi de protéger la tentaculaire enquête russe de toute interférence politique. Le juriste républicain de 68 ans a besoin du feu vert du Sénat pour faire son retour au gouvernement, plus de 25 ans après avoir été l'«Attorney General» du président George H.W. Bush. Sans se départir de son calme face au feu nourri des questions des parlementaires, il a martelé qu'il était un homme «indépendant» et a promis de résister à toutes les pressions, y compris présidentielles.

N'hésitant pas à contredire le président Trump, il a défendu son «bon ami», le procureur spécial Robert Mueller, chargé d'établir s'il y a eu collusion entre Moscou et l'équipe du candidat républicain lors de la présidentielle de 2016. «Je ne crois pas que Robert Mueller puisse être impliqué dans une chasse aux sorcières», a déclaré Bill Barr, alors que le milliardaire new-yorkais ne cesse d'utiliser cette formule pour conspuer une enquête menée selon lui par un procureur «hors de contrôle».

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«Je crois que la Russie s'est ingérée dans les élections ou a essayé de le faire, et nous devons aller au terme» de cette enquête, a-t-il encore dit devant la commission judiciaire du Sénat. Le FBI et les agences américaines du renseignement sont unanimes pour dire que le Kremlin a tenté de peser sur le cours de la campagne de 2016, mais le président Trump s'est montré réticent à reprendre leurs conclusions à son compte.

Bill Barr s'est en revanche gardé de s'engager à publier l'intégralité des conclusions du procureur Mueller. «Mon intention est de publier autant d'informations que possible», a-t-il seulement dit.

De bonnes chances d'être confirmé au Sénat

Bill Barr, qui avait été confirmé avec un fort consensus lors de sa précédente nomination au ministère de la Justice, se présente cette fois dans un contexte politique beaucoup plus tendu. Les démocrates ont tenu à vérifier qu'il n'allait pas essayer de rogner les ailes du procureur spécial une fois qu'il sera, en tant que ministre de la Justice, chargé de superviser son travail.

Ils l'ont longuement interrogé sur un mémo, qu'il avait adressé de son propre chef en juin au gouvernement pour critiquer un volet de l'enquête russe, considéré comme «irrémédiablement mal conçu». Méfiants, les démocrates l'ont questionné sur différents cas de figure.

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Les républicains étant majoritaires au Sénat (53 sièges sur 100), Bill Barr a de bonnes chances d'être confirmé à l'issue de son audition, qui se poursuivra mercredi. Depuis le limogeage de Jeff Sessions, l'intérim est assuré par son ancien directeur de cabinet Matthew Whitaker, que les démocrates soupçonnent d'être à la botte du président Trump, et qu'ils sont pressés de voir partir.

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