Un peu plus de deux mois après le déclenchement des hostilités entre la Russie et la Géorgie, des représentants des deux pays devaient se rencontrer pour la première fois mercredi à Genève pour des discussions internationales sous l'égide de l'Union européenne, de l'ONU et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et avec la participation des Etats-Unis. Il est toutefois rapidement apparu qu'une rencontre formelle était toujours impossible étant donné le climat de méfiance qui subsiste de part et d'autre. Seul acquis: toutes les parties aux discussions sont tombées d'accord pour maintenir le processus et pour se retrouver à Genève le 18 novembre.

D'ici là, il y aura encore beaucoup de travail pour les diplomates afin de trouver la bonne formule permettant à tout le monde de sauver la face. Car le problème de fond demeure: les Géorgiens refusent de s'asseoir à la même table que des représentants de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, dont l'indépendance n'a été reconnue que par quelques Etats à la suite de Moscou, alors que c'est une condition sine qua non des Russes pour discuter du futur de la région. Tbilissi a riposté en incluant dans sa propre délégation des Ossètes du Sud et des Abkhazes pro-géorgiens qui pourraient à l'avenir servir de monnaie d'échange en vue d'un consensus.

Les Russes ont donc refusé hier matin de participer à la première réunion plénière au Palais des nations car les coorganisateurs n'avaient pas invité à ce stade les Abkhazes et les Ossètes du Sud. A l'inverse, les Géorgiens ne sont pas apparus lors d'une seconde réunion plénière du fait de la présence de ces derniers.

Face à ces «difficultés de procédure», tout le monde a finalement préféré suspendre le processus tout en promettant de se revoir dans un mois. Russes et Géorgiens se sont alors renvoyé la balle sur la responsabilité de ce premier échec, un mot toutefois que l'on refuse de prononcer.

Le défi de renouer le dialogue aussi vite après une guerre qui laisse forcément des traces est toutefois souligné par tous les acteurs. Le simple fait d'avoir fait le déplacement de Genève est dès lors considéré comme un pas important.