Même si la dynamique politique va en faveur du Parti démocratique (DS) et de ses partenaires de coalition, la formation du nouveau gouvernement serbe risque, encore une fois, d'être un exercice long et complexe. La coalition pour une Serbie européenne a obtenu 102 des 250 sièges du parlement. Ce n'est pas assez pour gouverner, même avec le renfort des sept sièges obtenus par les partis représentant les minorités nationales.

Le DS de Boris Tadic pourrait essayer d'obtenir le ralliement du Parti libéral démocratique (LDP) de Cedomir Jovanovic, qui obtient 14 sièges. Cependant, cette alliance ne suffirait pas non plus pour former une majorité, et pourrait s'avérer difficile. Le LDP est une scission du DS, et de violentes querelles opposent les dirigeants des deux partis, qui s'accusent d'avoir trahi l'héritage de Zoran Djindjic, le premier ministre assassiné en 2003. De surcroît, le LDP est le seul parti politique serbe à vouloir reconnaître l'indépendance du Kosovo.

Du coup, le Parti socialiste de Serbie (SPS), l'ancienne formation de Slobodan Milosevic, fort de ses 20 députés, se retrouve en position d'arbitre. Héritier de l'ancienne Ligue des communistes, le SPS a régné sans partage sur la Serbie tout au long des années 1990. Une alliance de parti avec les courants nationalistes pourrait sembler «naturelle». Dès lundi, le Parti démocratique de Serbie (DSS) du premier ministre démissionnaire, le conservateur Vojislav Kostunica, a pris langue avec le SPS. Sur le papier, le DSS (30 sièges), le SPS (20 sièges) et les Radicaux (77 sièges) disposeraient d'une majorité courte mais suffisante. Cependant, la plupart des observateurs estiment que cette option n'est pas la plus probable. Depuis des mois, le SPS entretient des contacts aussi discrets que réguliers avec le DS, dans le but de réussir sa «mutation» en un parti social-démocrate européen «acceptable».