«Oui, nous publierons mercredi la photo de Florence en captivité. Ce n'est pas une décision facile. Mais le document a déjà été diffusé partout. Et il la montre en vie. C'est l'essentiel.» Il est 19 h 30 à la rédaction de Libération. François Sergent, le chef du service Etranger, visionne les différents clichés tirés de la bande vidéo. «Publier oui, mais pas d'images dégradantes.» Car la manière dont le film a été tourné est malheureusement évidente: «Ils l'ont contrainte. Ils la menaçaient peut-être d'une arme», juge un autre journaliste du quotidien, lui aussi néanmoins favorable à la publication du visage défait de leur collègue et amie. «Pour que la mobilisation se poursuive. Pour que l'on soit tous derrière elle», explique un responsable de Reporters sans frontières, avant de partir pour Toulouse où se tenait hier soir un rassemblement de soutien. «Parce que malgré l'horreur de telles images, notre soutien est aussi la meilleure garantie que ses geôliers la garderont en vie, et négocieront sa libération.»

Les chaînes de télévision françaises, ainsi que la TSR, se sont calées sur la presse écrite. Pas de diffusion de la bande vidéo. Juste un plan fixe. A Libération, François Sergent: «Dire la réalité d'une prise d'otages sans entrer dans le jeu sordide des ravisseurs. L'information sûre de ce document, c'est qu'elle est vivante au moment du tournage. Le reste, son appel à Didier Julia, fait partie d'une mise en scène.» Une information délicate à manier, au service d'un espoir: «Que là-bas, en Irak, Florence sache que nous nous démenons pour elle.»