France

Ce dimanche soir, le Front national est le premier parti de France

Le parti de Marine Le Pen arrive nettement en tête dans certaines régions. Nicolas Sarkozy exclut tout apparentement pour le deuxième tour

Plus que jamais, le Front national est le premier parti politique français. L'issue du premier tour des élections régionales conforte les nationalistes dans cette position.

Selon les premières estimations disponibles à la fermeture des bureaux de vote, les candidats du Front national (FN) en Provence-Alpes-Côte d'Azur et dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie dépasseraient les 40% des suffrages, ce qui mettrait ces deux régions clefs à portée du parti de Marine Le Pen au second tour. Le contexte sécuritaire post-attentats semble lui avoir profité.

Score décevant pour Les Républicains

Au niveau national, alors qu'un peu plus d'un électeur français sur deux a voté, les estimations varient entre un FN à 27,2% pour les plus basses et 30% pour les plus hautes. Les Républicains (LR) de Nicolas Sarkozy arriveraient en seconde place avec environ 27%, score décevant pour la formation de l'ancien président, qui voit son candidat en région PACA, Christian Estrosi, plafonner à 28% et se trouver nettement distancé par le FN. Le Parti socialiste se situerait aux environs de 23%. Son objectif, rappelons-le, est de garder si possible trois à quatre régions sur les 13 régions en lice.

Rhône-Alpes: Laurent Wauquiez en tête

Dans la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes, la deuxième la plus peuplée de France et la plus proche de Suisse, le PS est aussi en péril. Le sortant Jean-Jack Queyranne est devancé par le Républicain Laurent Wauquiez, qui obtient 31,4% des suffrages. Il est suivi par le FN Christophe Boudot, à 26,7%.

Le PS garde sa couleur dominante en Bretagne, où le ministre de la Défense, et candidat local, Jean-Yves Le Drian, arrive en tête.

A Calais, 50% pour le FN, souligne Marine Le Pen

Depuis Hénin-Beaumont, commune du Nord où elle a voté ce dimanche matin, Marine Le Pen a salué le résultat de ces élections. Elle a notamment souligné le résultat du FN à Calais, lieu emblématique de la crise des migrants: 50% pour les nationalistes. Une preuve de «volonté de réaffirmer la République», a assuré la meneuse du FN.

Cette réussite historique permet au parti souverainiste de rééditer sa victoire aux européennes de mai, qui l'avaient vu gagner 24 élus et arriver en tête devant toutes les autres formations politiques. L'impossibilité du parti d’extrême droite à remporter un département, lors des départementales de mars 2015, est oubliée.

Le second tour, bataille nationale

Dès ce soir, la question de la stratégie entre les deux tours va se poser en urgence pour les autres partis. Il est probable que le PS choisira de se désister dans les régions où les listes de droite sont les mieux placées pour l'emporter contre le Front National.

Sur la base de ces premières estimations, à confirmer au fil de la soirée par les résultats obtenus, Nicolas Sarkozy se retrouve en position difficile, car il a préconisé jusque-là une position de «ni-ni»: ni alliance avec le PS entre les deux tours, ni pacte avec le FN.

S'exprimant devant les médias dimanche soir, Nicolas Sarkozy a exclu toute forme de fusion de liste, ou d'abandon. Il est donc resté sur sa ligne annoncée, refusant la création d'un «front républicain» anti-FN.

Avec de tels chiffres, s'ils se confirment, Marine Le Pen se retrouvera en position de force pour la présidentielle de mai 2017, à laquelle elle est déjà candidate. L'impact de ce score sur la primaire à droite s'annonce déterminant.

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