Démographie

La diminution de la population russe est «catastrophique»

Le gouvernement russe ne parvient ni à stimuler la natalité, ni à mettre les moyens pour réduire la mortalité. La population russe pourrait réduire de moitié à l’horizon 2100 si une politique migratoire n’est pas mise en œuvre

La Russie célèbre ce lundi la Journée nationale de la famille, de l’amour et de la fidélité, introduite il y a 11 ans par le Kremlin comme une tentative de revigorer la natalité déclinante. Les affiches de propagande représentant une famille nombreuse épanouie, sur fond d’église orthodoxe, fleurissent à travers le pays et sur la Toile. Leur optimisme un peu forcé contraste avec la réalité. Mardi dernier, la vice-première ministre russe, Tatiana Golikova, a prononcé des mots d’une rare et brutale franchise. «Nous perdons notre population de manière catastrophique», a déclaré la ministre devant des responsables de la santé réunis à Saint-Pétersbourg, rapporte l’agence officielle TASS. «Notre taux de natalité chute», a-t-elle indiqué, notant également que le taux de mortalité ne décroît «pas aussi vite que nous le souhaiterions».

Tatiana Golikova s’en est aussi prise aux autorités de plusieurs régions russes qui sous-estiment notoirement leurs taux de mortalité «pour afficher de bons indicateurs». Exemple: la région de Voronej (Russie centrale) indiquait une croissance des taux de mortalité par cancer de 1% en 2018 (année électorale) tandis que le taux cette année a explosé à 20%, toujours selon la ministre. La presse russe relevait la semaine dernière que l’augmentation de l’espérance de vie en Russie a culminé par deux fois au cours des années précédant l’élection présidentielle – ce fut le cas en 2011 et en 2017. Rosstat, l’organisme très contesté publiant les statistiques officielles, a répondu que ces coïncidences sont dues à d’autres facteurs: le résultat de vagues de froid et de chaleur.