Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont arrêté des diplomates étrangers accusés «d'espionnage», ont indiqué mercredi l'agence de presse iranienne Fars et la télévision d'Etat.

Des versions contradictoires sur le sort d'un diplomate britannique

L'agence a précisé que l'un d'eux, un Britannique, avait été ensuite «expulsé du pays après qu'il a présenté ses excuses». Mais la télévision d'Etat a affirmé que le diplomate britannique, présenté comme Giles Whitaker, adjoint à l'ambassadeur de Grande-Bretagne à Téhéran, avait été expulsé de «la zone» où les diplomates ont été interpellés dans le centre de l'Iran.

A Londres, le ministère des Affaires étrangères a démenti l'arrestation d'un de ses diplomates en Iran. «Les informations de presse sur l'arrestation d'un diplomate sont complètement fausses», a déclaré un porte-parole.

La télévision d'Etat a accusé le diplomate britannique de s'être «livré à des opérations de renseignement» dans les «zones où se déroulaient» des manoeuvres militaires avec des tests de missiles.

Selon la télévision, le diplomate britannique «fait partie des personnes qui se sont rendues dans le désert de Shahdad (...) en tant que touristes. Comme le montrent les images, cette personne prenait des photos (...) dans une zone interdite, où se déroulait au même moment un exercice militaire».

Accusés d'avoir prélevé des échantillons de roche

On ignorait dans l'immédiat la nationalité des autres diplomates interpellés, leur nombre et la date de leur arrestation. Selon l'agence Fars, les personnes arrêtées ont notamment prélevé des échantillons de roche dans le désert à des fins «d'espionnage».

La télévision a mis en cause Israël, ennemi juré de l'Iran, dans ces affaires. «Apparemment, Israël veut ouvrir un dossier sur la possible dimension militaire du programme nucléaire iranien, en utilisant des ressortissants de pays tiers qui sont liés aux ambassades occidentales.» Israël accuse l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique, ce que ce pays dément.

La télévision d'Etat a, en outre, montré des images d'un autre homme arrêté, présenté comme «Maciej Walczak, chef du département de microbiologie de l'Université Nicolas-Copernic en Pologne». «Cette université est liée au régime sioniste», a-t-elle affirmé en allusion à Israël. Maciej Walczak, dont la nationalité n'est pas précisée, «est entré en Iran avec trois autres personnes dans le cadre d'échanges scientifiques, mais il s'est rendu dans la région désertique de Shahdad en tant que touriste au moment où se déroulaient des tests de missiles», a affirmé la même source. Il «y prélevait des échantillons de roche».

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Un autre homme arrêté est présenté par la télévision comme «Ronald, l'époux de la conseillère culturelle de l'ambassade d'Autriche». Il est accusé d'avoir «prélevé des échantillons de roche» dans un village de la région de Damghan à l'est de Téhéran et d'avoir «filmé une zone militaire à Téhéran».

Une douzaine d'Occidentaux détenus en Iran

En mars dernier, deux Irano-Britanniques Nazanin Zaghari-Ratcliffe et Anoosheh Ashoori, condamnés à la prison pour des accusations qu'ils ont toujours niées, ont été libérés. «En parallèle» de cette libération, Londres avait annoncé avoir soldé avec Téhéran une vieille dette de 394 millions de livres (470 millions d'euros), sans établir de lien entre les deux affaires.

Plus d'une douzaine d'Occidentaux, majoritairement binationaux, sont actuellement détenus en Iran qui est soupçonné de vouloir les monnayer en échange de concessions de l'Occident.