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Le bâtiment qui abrite l'hôpital, bombardé mercredi soir, dans un des quartiers rebelles d'Alep.
© KARAM AL-MASRI

Syrie

La diplomatie impuissante à enrayer la reprise des combats à Alep

Nouvelle journée sanglante à Alep. A Genève, Staffan de Mistura, l’envoyé spécial de l’ONU, en appelle aux Russes et aux Américains pour sauver ce qui reste de la trêve

Le bilan des combats à Alep atteint désormais le chiffre de 200 morts depuis une semaine. La trêve, en vigueur depuis le 27 février et qui avait permis la relance des négociations politiques, est à l’agonie, a admis l’émissaire de l’ONU Staffan de Mistura, au terme du troisième round de négociations à Genève. Cette fois, le diplomate italo-suédois ne s’est pas risqué à annoncer une date de reprise des discussions devant aboutir à une transition démocratique en Syrie. Les conditions ne sont manifestement pas remplies. Il ne croyait pas si bien dire.

Au même moment, un hôpital était encore visé à Alep, dans les quartiers tenus par les rebelles. L’attaque a fait au moins quatorze tués, dont deux docteurs, selon Médecins sans frontières (MSF) qui soutenait l’établissement. Le personnel de l’hôpital estime que le bâtiment a été la cible d’au moins une frappe aérienne, ce qui désigne le régime syrien ou son allié russe.

Lire aussi : L’Etat islamique s’avère un piètre belligérant

Damas a rejeté la responsabilité de ce carnage sur les rebelles. En revanche, le régime syrien ne cache plus sa volonté de reprendre la seconde ville du pays, ou en tout cas de parachever son encerclement. D’autant que les rebelles sont aussi en mauvaise posture face aux forces kurdes, au nord de la ville. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a mis en garde contre une catastrophe humanitaire imminente à Alep.

«Aucun quartier n’est épargné»

«Où que vous soyez, vous entendez des tirs de mortiers, des bombardements et des avions tourner au-dessus de vos têtes. Aucun quartier de la ville n’est épargné. La population est à bout. Tout le monde ici craint pour sa vie, dans l’incertitude du lendemain», déclare Valter Gros, qui dirige le bureau du CICR à Alep, où il resterait 250 000 habitants.

Il a été évidemment beaucoup question de la dégradation de la situation à Alep jeudi en fin d’après-midi. Les parrains russe et américain du processus de paix avaient convoqué une réunion de la task-force sur le cessez-le-feu. Depuis le 27 février, cet organe, qui comprend tous les pays impliqués dans la crise syrienne, est chargé d’examiner les violations de la trêve. Il revient ensuite à chaque capitale de faire pression sur les forces qu’elle soutient dans l’imbroglio syrien. Ce dispositif paraît aujourd’hui insuffisant face à l’engrenage.

«La Russie a assuré qu’elle ne participait pas aux opérations à Alep», relate une source diplomatique. Des photographies ont été présentées à propos du bombardement en début de semaine contre une base des casques blancs, ces sauveteurs qui se précipitent après un bombardement pour dégager les victimes sous les gravats. «Malgré les preuves de l’implication du régime, les Russes trouvent toujours quelque chose à redire, par exemple, qu’il y avait des terroristes dans la zone», continue la même source. Malgré les suppliques de Staffan de Mistura, aucune réunion de haut niveau n’est prévue entre Russes et Américains ces prochains jours pour tenter de remettre le processus sur les rails. La prochaine réunion de la task-force a été fixée à mercredi prochain. Une éternité.

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