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Des habitants du quartier de Bustan al-Qasr, qui vient d'être repris par l'armée syrienne, fuient les combats le 13 décembre 2016.
© AFP

Syrie

En direct d’Alep: «C’est terminé. Ils vont bientôt nous tuer»

Les activistes et les habitants acculés dans la dernière poche contrôlée par les rebelles à Alep-Est lancent des appels désespérés sur les réseaux sociaux

Les bombardements ont repris ce matin sur les derniers quartiers tenus par les rebelles syriens à Alep. Des dizaines de milliers d’habitants seraient toujours coincés dans quelques kilomètres carrés alors que les forces pro-gouvernementales avancent inexorablement. Les appels désespérés via les réseaux sociaux se multiplient.

«Des dizaines d’attaques sur ce qui reste d’Alep-Est. Beaucoup de morts, de blessés et cela continue», relate Zouhir AlShimale, qui se présente sur Twitter comme un journaliste freelance, collaborant notamment avec la chaîne qatarie Al-Jazira. Dans un autre message, il raconte le froid, qui a tué un bébé durant la nuit, et les familles piégées dormant dans les rues dévastées.

Beaucoup affirment qu’ils envoient leurs derniers messages. C’est le cas de Rami Zien, un journaliste et activiste qui collaborait avec l’agence de presse Reuters. Lundi soir, il écrivait: «C’est presque terminé. Ils sont à quelques heures de nous tuer.» Puis à la mi-journée mardi: «Nous ne savons pas comment nous allons mourir. Mais ce sera certainement la mort après que tout le monde nous a abandonnés.» D’autant que les craintes d’exécutions dans les quartiers repris par l’armée syrienne et ses supplétifs se font de plus en plus précises.

«Nous avons été informés que des forces pro-gouvernementales sont entrées dans des habitations pour tuer leurs occupants, y compris des femmes et des enfants», a lâché, mardi matin, Rupert Colville, le porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, basé à Genève. Toujours selon l’ONU, 82 personnes auraient été exécutées depuis lundi soir dans les quartiers repris par les forces loyalistes. «Nous espérons que ces informations sont fausses ou exagérées, car la situation est extrêmement volatile et qu’il est très difficile de confirmer ces informations. Mais elles ont été corroborées par des sources multiples et fiables», poursuit Rupert Colville.

A lire aussi: Les défenses d'Alep-Est s'effondrent

Personne ne sait combien d’habitants se trouvent encore dans le dernier réduit contrôlé par les rebelles. L’ONU estimait que 250 000 personnes se trouvaient à Alep-Est avant le début de l’offensive éclair du régime syrien à la mi-novembre. Près de la moitié d’entre elles a réussi à fuir ces dernières semaines à mesure que les rebelles perdaient du terrain.

Si aucune organisation humanitaire n’a accès aux zones de combats, à l’instar du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), elles peuvent venir en aide aux déplacés. Des milliers d’entre eux sont hébergés dans des hangars, dans la partie occidentale de la ville. «Les conditions sont extrêmement difficiles. Ils veulent rentrer à la maison et me demandent comment ils pourraient rester ici», rapportait lundi Pavel Krzysiek, le porte-parole du CICR en Syrie.

Une fois évacués des quartiers rebelles, les hommes en âge de combattre seraient systématiquement séparés du reste des habitants. Certains sont ensuite relâchés, d’autres sont intégrés dans les forces gouvernementales. Un photographe de Reuters a ainsi pu assister dimanche à l’incorporation de dizaines d’hommes. L’ONU rapporte aussi que de nombreuses familles sont sans nouvelles de leurs proches, qui pourraient avoir disparu dans les geôles du régime syrien.

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