La présidence tunisienne a limogé, mercredi, Laassad Dhahech, le directeur de la chaîne de télévision nationale Wataniya, après qu'un militant et une représentante du syndicat des journalistes se sont vu interdire brièvement l'accès à la chaîne. Ils devaient intervenir dans une émission.

Cette décision intervient trois jours après la prise de pouvoir du président Kais Saied en Tunisie, qui a entraîné des craintes sur le respect des libertés dans la jeune démocratie, notamment après la fermeture des bureaux de la chaîne qatarie Al Jazeera.

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La journaliste Amira Mohamed, vice-présidente du syndicat SNJT, a indiqué être restée bloquée à l'entrée de chaîne Wataniya par un agent de sécurité qui attendait l'autorisation de la direction de la télévision lui permettant d'y entrer.

«Le directeur général de la Wataniya m'a dit qu'il avait reçu des instructions d'un responsable militaire de ne pas laisser d'invités entrer au siège de la télévision», a pour sa part déclaré le militant des droits de l'homme Bassem Trifi.

La défense des libertés publiques

Le ministère de la défense et la présidence ont affirmé qu'ils n'avaient donné aucune instruction dans ce sens. Quelques heures plus tard, le président de la chaîne, accusé d'avoir tenté de semer le trouble en limitant l'accès de la chaîne, a été limogé. Il a été remplacé par une journaliste qui a déjà occupé ce poste par intérim, Awatef Dali.

Le président Saied, qui a suspendu le Parlement pendant 30 jours et limogé le premier ministre, a assuré qu'il était attaché aux libertés publiques et ferait en sorte de les protéger.

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