Au troisième jour de sa visite à Bagdad, le directeur du quotidien français Libération Serge July a lancé dimanche un appel télévisé à ceux qui retiennent en otage depuis le 5 janvier sa consœur Florence Aubenas et son guide irakien Hussein Hanoun al-Saadi. «Je veux profiter de ma présence à Bagdad pour lancer aux ravisseurs de Florence Aubenas et Hussein Hanoun un appel pour qu'ils engagent immédiatement des négociations avec l'ambassade de France», a déclaré Serge July à des chaînes de télévisions irakiennes.

«Le premier ministre français a fait, pour la première fois, un appel en demandant aux ravisseurs d'entamer des négociations», a-t-il dit, en référence à une déclaration de Jean-Pierre Raffarin, le 3 mars, demandant aux ravisseurs la «libération rapide» de la journaliste, en les appelant à s'adresser «aux seuls services officiels» français. «Je vous le demande à mon tour. Adressez-vous aux services de l'Etat pour hâter cette issue», a-t-il conclu.

Le déplacement de Serge July dans la capitale irakienne, théâtre de nombreux enlèvements d'étrangers ces derniers mois, survient une semaine après la libération dans des conditions dramatiques de la journaliste italienne Giuliana Sgrena, après un mois de captivité. Le chef des services de renseignement en Irak, Nicola Calipari, a été tué le 4 mars par des tirs américains alors qu'il escortait Giuliana Sgrena, tout juste libérée, vers l'aéroport de Bagdad. La journaliste a été blessée.

Celle-ci a lancé samedi sur la chaîne de télévision française TF1 un appel aux ravisseurs de Florence Aubenas pour qu'ils fassent preuve de «la même clémence» que ses propres ravisseurs. A Paris, Jean-Pierre Raffarin a fait état dimanche sur Radio J d'une «accélération des contacts et des informations» concernant Florence Aubenas «qui nous permettent d'avoir quelque espoir».