Technologie

La directrice financière d'Huawei remise en liberté

En attendant une audience d'extradition vers les Etats-Unis, Meng Wanzhou a payé une caution de 10 millions de dollars canadiens pour être libérée. Elle encourt 30 ans de prison sur le sol américain

Lors d'une nouvelle audience, qui s'est tenue mardi dans un tribunal de Vancouver, le juge a autorisé la remise en liberté de la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei, contre une caution de 10 millions de dollars canadiens (7,4 millions de francs suisses) et sous plusieurs conditions. Le groupe s'est immédiatement félicité de cette nouvelle.

Le juge a demandé à Meng Wanzhou de remettre tous ses passeports et ses documents de voyage, et d'accepter le port d'un bracelet électronique. Elle doit par ailleurs être accompagnée par du personnel de sécurité lorsqu'elle quitte sa résidence de Vancouver et doit respecter un couvre-feu entre 23 heures et 6 heures.

La fille du fondateur d'Huawei, société que les agences du renseignement américain présentent comme liée au gouvernement chinois, a été arrêtée le 1er décembre au Canada, alors qu'elle était en transit entre deux vols à l'aéroport de Vancouver. Les Etats-Unis accusent Meng Wanzhou d'avoir dissimulé des liens existant entre l'équipementier chinois et une firme qui essayait de contourner les sanctions américaines contre l'Iran. Meng Wanzhou est passible de poursuites pour conspiration en vue de frauder de multiples institutions financières, avec une peine pouvant aller jusqu'à 30 ans de prison pour chacun des chefs d'accusation qui la visent.

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Une situation tendue entre Ottawa et Pékin

Piquées au vif par l'arrestation de Meng Wanzhou, les autorités chinoises ont multiplié les pressions sur Ottawa et Washington ces derniers jours. Le ministère chinois des affaires étrangères a notamment dénoncé un traitement «inhumain» de sa ressortissante. Il a affirmé que le Canada n'avait pas informé immédiatement les autorités consulaires chinoises de l'arrestation de la dirigeante, en violation d'un traité bilatéral.

Dans une interview accordée à Reuters, le président américain Donald Trump s'est, lui, déclaré prêt à intervenir personnellement dans cette affaire pour maintenir les bonnes relations économiques entre les deux premières puissances mondiales.

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Ottawa a annoncé mardi qu'un ressortissant canadien était détenu en Chine. Le gouvernement canadien a précisé qu'il n'y avait selon lui aucun lien avec l'affaire concernant Huawei, mais des analystes ont estimé qu'il s'agissait d'une mesure de représailles de la part de Pékin. Selon le premier ministre canadien Justin Trudeau, qui a dit prendre «très au sérieux» la situation, c'est un ancien diplomate canadien en Chine qui a été arrêté. Les autorités chinoises n'ont fait aucun commentaire sur cette arrestation.

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