La directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, arrêtée début décembre à Vancouver à la requête des Etats-Unis, demande sa remise en liberté en invoquant notamment des problèmes de santé.

Les Etats-Unis réclament l'extradition de Meng Wanzhou, 46 ans, qu'ils soupçonnent de complicité de fraude pour contourner les sanctions américaines contre l'Iran. Arrêtée le 1er décembre à l'aéroport de Vancouver, elle a comparu vendredi devant un juge de cette ville qui doit se prononcer sur une éventuelle libération conditionnelle de la responsable chinoise.

L'audience doit reprendre lundi et Meng Wanzhou a déposé dimanche une déclaration sous serment de 55 pages dans laquelle elle demande sa libération, notamment parce qu'elle souffre d'hypertension grave depuis plusieurs années et a dû être hospitalisée ces derniers jours à la suite de son arrestation.

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«Je ne me sens toujours pas bien et j'ai peur que ma santé ne se détériore pendant mon incarcération», plaide la fille de Ren Zhengfei, fondateur de Huawei en 1987. Elle dit avoir souffert de nombreux problèmes de santé dans sa vie, indique qu'elle a survécu à un cancer de la thyroïde en 2011 et qu'elle a du mal à avaler des aliments solides.

Meng Wanzhou revendique des liens avec Vancouver 

Vendredi lors de l'audience, le représentant du procureur canadien s'était opposé à la remise en liberté sous caution de Meng Wanzhou, estimant qu'elle risquait de s'enfuir en Chine pour échapper à une éventuelle extradition vers les Etats-Unis.

Dans sa déposition, Meng Wanzhou assure de son côté qu'elle a des liens remontant à une quinzaine d'années avec Vancouver. Son mari et elle possèdent plusieurs propriétés dans cette ville, où elle dit passer régulièrement des vacances. Elle a même obtenu par le passé le statut de résidente permanente au Canada, auquel elle a depuis renoncé, écrit-elle..

La dirigeante est accusée par la justice américaine de «complot d'escroquerie au détriment de plusieurs institutions financières» américaines, auxquelles elle aurait caché les liens entre Huawei et une de ses filiales qui cherchait à vendre des équipements à l'Iran malgré les sanctions américaines. Ces chefs d'accusation sont passibles de 30 ans de prison chacun aux Etats-Unis.

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