La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a «trompé» le Parlement au sujet d’accusations d’agressions sexuelles contre son prédécesseur. C’est la conclusion de l’enquête d’une commission parlementaire publiée mardi, dans une affaire qui empoisonne le camp indépendantiste à six semaines d’élections locales cruciales.

La commission chargée de faire la lumière sur la gestion par le gouvernement local des accusations visant l’ex-Premier ministre Alex Salmond a conclu qu’il existait une contradiction dans le récit de Nicola Sturgeon au sujet d’une réunion au début de l’affaire. L’ancien dirigeant du Parti national écossais (SNP, indépendantiste) a été blanchi par la justice en 2020.

Selon la commission, contrairement à ce que Nicola Sturgeon a affirmé, elle a donné l’impression à Alex Salmond qu’elle interviendrait dans l’affaire, lors de cette réunion du 2 avril 2018. «Son témoignage écrit est donc un compte rendu inexact de ce qui s’est passé», a-t-elle indiqué dans une conclusion rejetée par quatre députés SNP, le parti de Mme Salmond.

Il s’agit d’une «violation potentielle» du code de conduite ministérielle, ajoute la commission, renvoyant toutefois en la matière aux conclusions d’une enquête indépendante menée par l’ancien procureur James Hamilton. Ce dernier a cependant exonéré lundi Nicola Sturgeon de toute violation dans son rapport, apportant une victoire majeure à la dirigeante.

Mardi matin, la première ministre écossaise a dit vouloir «laisser la politique aux autres» pour se concentrer sur l’anniversaire du premier confinement britannique.

Un «complot»

Son ancien mentor Alex Salmond avait affirmé qu’elle avait pris part à un complot pour l’écarter de la vie publique. Cette affaire fratricide, qui a entraîné des appels à la démission de Nicola Sturgeon de la part de l’opposition, secoue les indépendantistes avant des élections locales le 6 mai, qu’ils espèrent remporter haut la main pour obtenir l’organisation d’un nouveau référendum d’autodétermination pour l’Ecosse.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson refuse fermement, estimant que la question a été réglée par un référendum en 2014, mais les sondages ont donné ces derniers mois une majorité en faveur de l’indépendance.

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Alex Salmond a longtemps été l’homme fort de l’Ecosse, dirigeant pendant 20 ans le SNP dont il a fait le premier parti. En 2014, il avait jeté l’éponge après la victoire du «non» au référendum sur l’indépendance. Il a été acquitté en mars 2020 par un tribunal écossais de 13 accusations d’agressions sexuelles et de tentatives de viol contre neuf femmes entre juin 2008 et novembre 2014.