Pérou

Dissous par le président Vizcarra, le Parlement péruvien riposte en le suspendant

Le Congrès, dominé par l’opposition fujimorise, a nommé la vice-présidente, Mercedes Araoz, chef de l’Etat par intérim. Les députés voteront formellement vendredi une motion destituant le président Martin Vizcarra de façon définitive

Le Parlement du Pérou, dominé par l'opposition, a voté lundi la suspension pour un an du président Martin Vizcarra pour «incapacité morale» après que ce dernier a prononcé la dissolution de la Chambre sur fond de crise institutionnelle. Dans la foulée, le Parlement, contrôlé par les partisans de l'ex-président Alberto Fujimori (1990-2000), a nommé la vice-présidente Mercedes Araoz chef de l'Etat par intérim, en remplacement de Martin Vizcarra.

Mercedes Araoz, une économiste de 58 ans, a immédiatement prêté serment devant le président du Parlement Pedro Olaechea. Ce dernier a annoncé que les députés voteront formellement vendredi une motion destituant Martin Vizcarra de façon définitive.

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Les fujimorises craignent la perspective d'élections anticipées

Plus tôt lundi, Martin Vizcarra avait annoncé dans un discours télévisé la dissolution du Parlement et des élections législatives anticipées, faute d'avoir résolu une violente querelle avec l'opposition fujimorise au sujet du mode de nomination de juges au Tribunal constitutionnel.

Le Tribunal constitutionnel, la plus haute instance judiciaire du Pérou, est actuellement saisi de la demande de remise en liberté de la leader de l'opposition Keiko Fujimori. Cette dernière, fille de l'ancien président Alberto Fujimori, est incarcérée depuis onze mois dans le cadre du vaste scandale de corruption Odebrecht - du nom du géant du BTP brésilien - qui éclabousse la classe politique latino-américaine.

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Les fujimorises détiennent actuellement la majorité au Parlement mais, en dégringolade dans les sondages, ils redoutent la perspective d'élections anticipées. Martin Vizcarra, au contraire, jouit d'une forte popularité en raison de son intransigeance face à l'opposition. Cet ingénieur de 56 ans a succédé en 2018 à Pedro Pablo Kuczynski, dont il était le vice-président, acculé à la démission en raison de soupçons de corruption.

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