C’est la rue du silence. Ici, on ne se parle pas. Les mots ne servent qu’à s’insulter, on crie sa douleur sans être écouté, on impose sans jamais partager. A Jérusalem-Est, le chemin principal de Sheikh Jarrah, quartier désormais célèbre dans le monde entier, est le lieu d’une mobilisation qui n’a fait que croître depuis le début du ramadan il y a plus d’un mois. En cause, la politique d’expulsion israélienne des familles palestiniennes au profit de communautés juives. Elle est au cœur de l’embrasement de la Ville sainte, et bien au-delà, d’une jeunesse palestinienne à bout de nerfs.