Est-ce le triomphe du Tea Party? Depuis cet été, ce mouvement, enfanté à la droite du parti républicain, n’a eu de cesse de durcir ses attaques contre l’administration démocrate. Se voulant une émanation populaire de l’Amérique «réelle», les groupes qui ont surgi un peu partout dans les petites villes des Etats-Unis ont largement contribué à bloquer complètement le débat politique.

C’est en leur sein qu’ont surgi les rumeurs les plus fantaisistes, aussitôt relayées et amplifiées par une série de médias conservateurs américains, au premier rang desquels la chaîne de télévision Fox News.

Un tiers des membres informels de ces tea parties, ne croient pas à la nationalité américaine de Barack Obama. Ce sont eux qui ont fait circuler l’idée que l’administration entendait mettre sur pied des «panels de la mort», afin de supprimer les personnes âgées, trop chères pour le système de santé.

Décapité par sa défaite aux dernières élections, le parti républicain a suivi d’autant plus volontiers ce mouvement que les sondages sont allés jusqu’à le montrer plus populaire que les deux partis qui se partagent le paysage politique américain depuis George Washington, le parti bleu et le parti rouge. C’est dans sa foulée que les élus républicains ont refusé toute collaboration jusqu’ici avec les démocrates au Congrès. Et c’est donc à lui que l’équipe de Barack Obama doit en partie sa mauvaise passe actuelle.

Le Tea party doit tenir sa première convention nationale au début du mois prochain, à Nash­ville, Tennessee. Mais ces premières assises, qui devaient sonner comme un couronnement, s’annoncent compliquées. Le cachet de 100 000 dollars que devrait toucher Sarah Palin, l’ancienne candidate à la vice-présidence, est contesté. Certains leaders, évoquant «des controverses», ont renoncé à y participer. Les divisions seraient si profondes, selon certains médias, que les déçus commenceraient à lancer des appels à manifester au-dehors de la Convention. L’anti-establishment de l’anti-establishment…