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Le pape François entouré d’enfants philippins à Manille lors de son voyage en janvier dernier. 

Vatican

Divorcés-remariés: la main tendue du pape

L’exhortation post-synodale sur la famille a été publiée vendredi après deux ans de débat dans l’Eglise. Si le souverain pontife entend intégrer les divorcés-remariés, la situation des personnes homosexuelles reste finalement inchangée

Le Vatican a présenté vendredi l’exhortation apostolique post-synodale du pape François sur la famille, Amoris Laetitia («la joie de l’amour»). Elle était très attendue par les catholiques du monde entier après deux synodes des évêques en 2014 et 2015, précédés par des consultations de fidèles de chaque diocèse.

Près de 160 pages durant, le pape balaie tous les thèmes liés à la famille, des jeunes d’aujourd’hui se méfiant du mariage à l’éducation des enfants, en passant par la préparation à la vie matrimoniale. Sans oublier les personnes en situation «irrégulière», selon le vocabulaire de l’Eglise, comme les divorcés-remariés ou les concubins. Il invite à mieux accueillir ces derniers et à limiter les jugements moraux en tenant «compte de la complexité» de chaque cas.

François ne veut plus d’une Eglise «appliquant seulement les lois morales, comme si elles étaient des pierres qui sont lancées à la vie des personnes». Rappelant ses propres paroles lors de la conclusion du dernier synode d’octobre 2015, il condamne une nouvelle fois les «cœurs fermés, qui se cachent ordinairement derrières les enseignements de l’Eglise pour s’asseoir sur la cathèdre de Moïse et juger, quelquefois avec supériorité et superficialité, les cas difficiles et les familles blessées».

Ceux qui attendaient donc une nouvelle norme canonique applicable à toute situation «seront déçus», sourit, lors de la présentation du texte, le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, lui-même fils de parents divorcés. L’exhortation apostolique n’a en effet pas vocation à changer la doctrine de l’Eglise. Le pape veut simplement des pasteurs plus responsables. Il mise sur un «discernement personnel et pastoral» approprié dans leurs réponses aux cas auxquels ils sont confrontés. «Dans chaque pays ou région peuvent être cherchées des solutions plus «inculturées», selon François. Autrement dit, «attentives aux traditions et aux défis locaux».

Parmi les situations difficiles, celles des personnes homosexuelles et des divorcés-remariés avaient été énormément débattues lors des synodes, jusqu’au point de diviser les pères synodaux sur des lignes rigoriste ou progressiste. Pour les premières, les ouvertures de 2014 sont définitivement archivées. Le souverain pontife argentin rappelle aujourd’hui qu’il «n’y a aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, même lointaines, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille». Il y a un an et demi, un texte de travail du premier synode prenait pourtant acte de l’existence dans les unions entre personnes de même sexe de «cas où le soutien réciproque jusqu’au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires».

Pour les secondes au contraire, le Saint-Père adopte une politique de la main tendue. «Les baptisés divorcés et remariés civilement doivent être davantage intégrés dans les communautés chrétiennes selon les diverses façons possibles, en évitant toute occasion de scandale, écrit-il. Non seulement ils ne doivent pas se sentir excommuniés, mais ils peuvent vivre et mûrir comme membres vivants de l’Eglise.» Cela passe-t-il par l’accès à la communion, l’un des points les plus débattus par les pères synodaux en 2014 et 2015? Le pontife réussit à répondre habilement par l’affirmative, mais pour certains cas uniquement.

«Il est possible que, dans une situation objective de péché, l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, en recevant à cet effet l’aide de l’Eglise», commente François. Mais c’est dans la note de bas de page que sa réponse devient plus claire: «Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements.» Citant sa première exhortation apostolique Evangelii gaudium, publiée fin 2013, il rappelle encore que «le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur» et que l’Eucharistie «n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles».

Le pape François joue l’équilibriste pour satisfaire au mieux toutes les positions exprimées lors des deux synodes. Sans jamais remettre en question l’indissolubilité du mariage entre un homme et une femme, et s’il «comprend ceux qui préfèrent une pastorale plus rigide qui ne prête à aucune confusion», il pousse pour une Eglise égale à une «mère qui, en même temps qu’elle exprime clairement son enseignement objectif, ne renonce pas au bien possible, même si elle court le risque de se salir avec la boue de la route».


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