Un juge de la Cour suprême du Brésil a ordonné, vendredi, au président Jair Bolsonaro de témoigner devant la police, dans le cadre d'une enquête visant à déterminer s'il a divulgué des documents confidentiels pour mettre en cause la fiabilité du système de vote électronique.

Le président d'extrême droite, sous le coup de plusieurs enquêtes, avait jusqu'à vendredi pour choisir un jour et un lieu pour l'interrogatoire mais ne l'a pas fait, selon Alexandre de Moraes, juge du Tribunal fédéral suprême (STF), la plus haute instance du pouvoir judiciaire brésilien. Le magistrat a donc cité Jair Bolsonaro à comparaître «vendredi 28 janvier à 14h locales (18h en Suisse) pour apporter un témoignage personnel au siège de la police fédérale (PF)» à Brasilia.

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Le président brésilien a déjà été interrogé en novembre par des agents de la PF, au siège de la présidence, dans le cadre d'une investigation sur ses interférences présumées avec la police fédérale dans des affaires concernant des membres de sa famille.

Dans le collimateur de la justice

L'enquête pour laquelle il est convoqué vendredi a été ouverte en août 2021 après sa divulgation sur les réseaux sociaux d'un rapport de police sur une cyberattaque visant le Tribunal supérieur électoral (TSE) en 2018.

Le chef de l'Etat a montré les documents - confidentiels selon le TSE - lors d'une diffusion en direct et les a publiés sur les réseaux sociaux afin de remettre en cause la fiabilité du vote électronique en vigueur depuis 1996 au Brésil.

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Le dirigeant d'extrême droite critique depuis des années le système de vote par urnes électroniques, faisant état de «fraudes» sans jamais fournir de preuves. Sa remise en question constante du système électoral a conduit à l'ouverture d'une autre enquête à la Cour suprême, pour «calomnie» et «incitation au crime».

Jair Bolsonaro est également dans le collimateur de la justice, accusé d'avoir omis de signaler une tentative de corruption dans l'achat de doses du vaccin indien Coxavin, et pour avoir diffusé une fausse information dans une vidéo faisant le lien entre le vaccin anti-Covid et la maladie du sida. A moins d'un an de la présidentielle, en octobre, sa cote de popularité s'est largement érodée.