France

Dix visages du mouvement «Nuit Debout»

Le mouvement «Nuit Debout» rassemble une foule d'anonymes chaque soir place de la République, à Paris. Le photographe Martin Barzilai a rencontré ces manifestants 

Chaque soir, ils se retrouvent place de la République, à Paris, et dans de nombreuses autres villes en France. Ces centaines d’anonymes se réunissent pour protester contre le projet de loi travail et débattre de sujets divers. Avec un slogan: «Révoltez-vous». Le photographe Martin Barzilai (Sub.Coop / Picturetank) a rencontré ces manifestants à la nuit tombée.

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Claire: «Je suis ici pour changer le monde»

«Je suis ici pour changer le monde», plaisante Claire, une comédienne installée à Paris. La jeune femme est mécontente de la politique menée par le gouvernement de François Hollande. «Je suis militante dans la vie à plein de niveaux. Ça fait longtemps que j’ai envie d’un mouvement de rue, il est enfin là! Pour que ça bouge et qu’on renverse ce gouvernement qui n’est plus de gauche.»


Chriet Hamin: «Je suis venu observer»

Chriet Hamin est géopolitologue. Il s’est d’abord rendu à la «Nuit Debout» par curiosité. «Je suis venu observer», dit-il. Mais cet homme de 29 ans fait un constat amer. «Je crois qu’il y a aujourd’hui en France une situation économique et sociale désastreuse avec 45 ans de politique libérale.» Pour lui, il est «important de comprendre la jeunesse d’aujourd’hui qui clame ses droits les plus fondamentaux. J’attends de voir quelle sera la finalité de ce mouvement».


 

Léon Malleville: «On dirait que quelque chose se débloque»

A l’origine, il devait simplement assister à un congrès national des lycéens organisé à Paris. Léon Malleville, lycéen originaire de Rouen, a fini par faire un détour par la «Nuit Debout». Ce mouvement l’inspire. «Je suis venu à République pour prendre le pouls dans l’idée de faire la même chose à Rouen. Je trouve ça fantastique. Depuis tant d’années qu’on vit dans la misère et la précarité, enfin, on dirait que quelque chose se débloque. J’espère que ça va aller plus loin que mai 68.»


Solange Joly: «Ça me rappelle mai 68»

«C’est une bouffée d’oxygène». Solange Joly s’enthousiasme pour le mouvement «Nuit Debout». Cette retraitée de l’éducation nationale est élue communiste à Besançon, une ville située dans l’est de la France. «A Besançon, on fait aussi les nuits debout. Ça me fait du bien, ça me rappelle mai 68. C’est une expérience extraordinaire. Les gens se bougent enfin!», se réjouit-elle.


Audrey Arjouve: «Un mouvement citoyen qui vient de la base»

«Je suis venue pour rejoindre un mouvement citoyen qui vienne de la base, ouvert à tous et qui puisse avoir une approche globale d’un système qui ne fonctionne pas», raconte Audrey Arjouve, de Paris. «L’idée est de pointer les inégalités et montrer les changements qui doivent être faits et construire une alternative.»


Léo-Paul Preux: «Créer un monde nouveau»

«Je suis ici au départ parce que j’ai entendu parler de la nuit debout quand je manifestais contre la loi travail», explique Leo-Paul Preux, du haut de ses 18 ans. «On a occupé la place dans le but de créer un monde nouveau… Essayer de donner la parole à des gens qui ne l’ont pas habituellement dans un but démocratique», ajoute le jeune parisien.


Jean-Pierre Charrier: «Je suis passé prendre le pouls de cette jeunesse»

Jean-Pierre Charrier voulait rencontrer les jeunes manifestants de la «Nuit Debout», comprendre leurs motivations. «Je n’étais pas loin dans une galerie et je suis passé prendre le pouls de cette jeunesse. Je suis bien content qu’elle se bouge un peu son cul de l’ordinateur. Ce n’est pas facile et c’est bien! Je retrouve un peu l’ambiance de 68», s’enthousiasme ce directeur artistique.


 

Juliette Loubens: «J’ai trouvé ça super novateur comme concept!»

Juliette Loubens ne cache pas son enthousiasme. «J’ai trouvé ça super novateur comme concept! Je pense que ce mouvement donne de l’espérance aux gens. Il donne l’impression qu’on peut faire des choses qui ont de l’impact», assure cette étudiante de 18 ans.

 


 

Kevin de Bertereche: «La loi travail est juste une excuse pour pousser un coup de gueule»

Kevin de Bertereche, habitant de Neuilly-sur-Seine, attendait depuis longtemps un «mouvement de ce genre». «La loi travail est juste une excuse pour pousser un coup de gueule. 70% des Français sont contre. C’est un bel exemple de déni de démocratie. Je suis là pour réinventer une nouvelle forme de démocratie. Je participe, je suis là tous les jours», assure ce community manager.


Alexandra Pompignoli: «Je suis ici pour qu’on accueille les réfugiés comme des êtres humains»

Alexandra Pompignoli est venue avec Paul et Simon, ses deux fils. Cette médecin est «ici avec l’espoir que ce mouvement puisse redonner un peu d’humanité et qu’on accueille les gens comme des êtres humains. Ce qu’il se passe avec les réfugiés qu’on laisse à la porte de l’Europe me scandalise.» Avant d’ajouter: «Et je viens aussi contre la loi travail qui pour mes enfants et mes proches est une vraie catastrophe».

Toutes les photos sont l'oeuvre du photographe Martin Barzilai (Sub.Coop / Picturetank).


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A la demande de l'une des personnes interviewées, cet article a été amputé d'un paragraphe le 24 février 2018.

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