Un renfort d'une centaine de forces de l'ordre a été dépêché lundi à Dijon, selon la préfecture, après des violences «inédites» survenues au cours du week-end. «Des renforts arriveront ce soir (lundi), une ou deux compagnies, afin de sécuriser et rassurer», a déclaré à l'AFP le maire socialiste sortant, François Rebsamen, après un appel téléphonique avec le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner.

La préfecture a précisé qu'une demi section de CRS (37 policiers) et des renforts de la brigade anticriminalité étaient déjà arrivés dimanche. Un escadron de gendarmes mobiles, soit 110 militaires, devait être déployé ce lundi soir, selon la même source. «Ces faits sont inacceptables et totalement inédits», a ajouté le maire, qui brigue un quatrième mandat.

Venger l'agression d'un jeune de 16 ans

L'élu a lui-même pu constater, dans la nuit de vendredi à samedi alors qu'il rentrait chez lui, qu'une centaine de personnes, certaines armées de battes de baseball et encagoulées, avaient fait irruption place de la République, en plein centre-ville. Selon des sources policières, l'expédition aurait été lancée à la suite de l'agression, le 10 juin, d'un jeune homme de 16 ans issu de la communauté tchétchène.

Dans un communiqué, le préfet Bernard Schmeltz a évoqué des «violences» perpétrées, «semble-t-il dans le cadre d'un règlement de comptes entre des membres de la communauté tchétchène de France et des résidents» de la métropole dijonnaise. Une cinquantaine de Tchétchènes, selon la police, sont revenus dans la nuit de samedi à dimanche à Dijon, dans le quartier sensible des Grésilles cette fois. Un homme, gérant d'une pizzeria, a été grièvement blessé par balles, selon la même source.

«Nous étions une centaine»

Une troisième expédition a encore mobilisé, dans la nuit de dimanche à lundi, 200 Tchétchènes, également aux Grésilles, selon une source policière qui précise que les incidents de Dijon n'ont rien à voir avec des violences survenues dans la nuit de dimanche à lundi à Nice. Ces derniers sont intracommunautaires, fait-on savoir de même source.

Dans une interview au quotidien local Le Bien Public, un homme se présentant comme un Tchétchène et disant avoir participé à l'expédition a confirmé que l'opération visait à venger un «jeune de 16 ans», membre de la communauté, qui aurait été «agressé» par des dealers. «Nous étions une centaine (dans la nuit de vendredi à samedi, ndlr), venus de toute la France, mais aussi de Belgique et d'Allemagne (...) Nous n'avons jamais eu l'intention de saccager la ville ni de nous en prendre à la population», ajoute-t-il au Bien Public.

Selon le procureur de Dijon, Eric Mathais, aucune interpellation n'avait été effectuée lundi en milieu de journée et «six blessés» ont été enregistrés «au total dans trois épisodes successifs (vendredi, samedi et dimanche soir)». Une enquête a été ouverte, «en particulier pour tentative de meurtre en bande organisée, dégradations, incitation à la violence», en cosaisine entre la police judiciaire et la sécurité publique, selon Eric Mathais.