Les organisateurs du No Berlusconi Day, qui disaient attendre 350’000 participants, ont choisi le violet, «seule couleur laissée libre» par les partis politiques traditionnels pour afficher leur indépendance.

La plupart des manifestants, dont beaucoup de jeunes et de femmes, arboraient des écharpes, des t-shirts ou des pullovers allant du lilas au mauve. Beaucoup portaient un masque à l’effigie de Berlusconi avec le mot «non» imprimé sur le front.

Les formations d’extrême gauche comme le PDCI (communistes italiens) et un bon nombre de militants du Parti démocrate, principale formation de l’opposition, étaient venus grossir les rangs du défilé. Ils ont aussi apporté leur aide logistique au groupe de blogueurs venus d’horizons très divers.

La plupart des banderoles faisaient référence aux ennuis judiciaires de Silvio Berlusconi. Le chef de l’Etat est sous le coup de deux procès, l’un pour corruption de témoins (affaires Mills) et l’autre pour fraude fiscale (droits télévisés Mediaset).

»La politique se fait avec les mains propres», proclamait une longue bannière violette. «Démissionne et accepte d’être jugé», disait une autre.

»Nous demandons la démission de Berlusconi parce que nous ne nous sentons pas représentés par lui», a déclaré à l’AFP Emmanuele de Pascale, 28 ans, l’un des organisateurs.

Des mouvements très divers défilaient: des personnalités comme le réalisateur Nanni Moretti pour dénoncer une hégémonie de Berlusconi sur la télévision italienne, des écologistes opposés au pont sur le détroit de Messine, des défenseurs des immigrés ou un mouvement qui réclame la vérité sur la mort du juge Paolo Borsellino en 1992 dans un attentat à la bombe à Palerme attribué à la mafia.