«Depuis mars 2020, nous avons enquêté et répondu à la menace croissante de produits contrefaits, ne correspondant pas aux normes ou dangereux», a déclaré le directeur général de l’Olaf, Ville Itala, en présentant le rapport 2020 de ce gendarme antifraude de l’UE. «Et avant même que le premier vaccin ait été administré, nous avons sonné l’alarme sur les offres de faux vaccins, ce qui, d’après ce que nous savons, a empêché toute fraude dans ce domaine malgré les nombreuses tentatives», a-t-il ajouté.

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L’enquête de l’Olaf a permis de saisir 52 millions de produits comme des gels pour les mains contenant de dangereuses quantités de méthanol, des masques ne correspondant pas aux normes, de faux kits de tests, et d’identifier 1150 opérateurs suspects, selon les dernières données actualisées fournies par le service de presse de l’Olaf. Dans son rapport annuel, il note que «nombre de ces opérateurs sont basés en dehors de l’UE», et que «beaucoup sont des entreprises qui de façon opportuniste, pour essayer de profiter de la pandémie, se sont lancées dans une activité sans avoir aucune expérience en la matière». «De longues chaînes d’intermédiaires ont été créées du jour au lendemain dans de nombreux pays de l’UE et en dehors, afin de cacher l’identité des fraudeurs», les rendant difficiles à identifier, a expliqué le directeur général adjoint de l’Olaf, Ernesto Bianchi.

Divers risques

L’action du gendarme antifraude a notamment permis de saisir en 2020 dans plusieurs pays de l’UE quelque 140 000 litres de gel pour les mains venant de Turquie qui contenait une dangereuse quantité de méthanol, une substance toxique, à la suite d’une alerte donnée par les autorités danoises. L’Olaf a aussi participé à une opération conjointe avec les services douaniers des Etats membres, qui a permis en outre de saisir jusqu’à présent 50 millions de masques supplémentaires.

Cette opération a démontré l’importance d’une «meilleure coordination» entre «les autorités douanières et de certification chargées de dire si tel masque est un FFP2 ou un FFP3» et entre les Etats membres, a commenté Ernesto Bianchi. «On voit encore beaucoup de confusion sur la question de savoir qui doit certifier quand des masques arrivent dans un pays de l’Union avant d’être expédiés vers un autre Etat membre pour y être utilisés», a-t-il dit.

Par ailleurs, l’Olaf a aussi tiré la sonnette d’alarme sur les pesticides contrefaits qui représentent désormais «jusqu’à 13,8% des pesticides utilisés dans l’UE», et représentent un danger pour la santé, une source de pollution de l’air, des sols et de l’eau, et une menace pour les abeilles notamment. En 2020, l’Olaf a conclu 230 enquêtes sur des cas de fraude et émis 375 recommandations aux autorités nationales et européennes. L’office travaillera désormais en collaboration avec le tout nouveau parquet européen, entré en fonction le 1er juin, qui est aussi compétent en matière de fraude mais qui, à la différence de l’Olaf, a un pouvoir de poursuites.