Deux kamikazes se sont fait exploser à quelques minutes d’intervalle près d’une maison du quartier d’al-Qalaa, servant d’annexe au tribunal de la ville pour conduire des interrogatoires contre des personnes suspectées «d’attaques terroristes», a affirmé le colonel Khaled Omar, de la police locale.

Cette attaque est la plus meurtrière depuis le retrait américain des villes irakiennes le 30 juin. L’armée et la police irakiennes assurent désormais la sécurité dans les localités alors que les forces américaines, qui font profil bas, se cantonnent désormais dans des patrouilles en dehors des agglomérations.

Vague d’attentats

Mercredi, douze personnes ont été tuées et 30 blessées par l’explosion de deux voitures piégées dans deux localités proches au nord de Mossoul, à 350 km au nord de Bagdad.Les deux explosions se sont produites à Baawiza et al-Qouba, près de mosquées chiites peu avant l’heure de la prière, selon la police de Mossoul.

Par ailleurs, cinq personnes ont été tuées jeudi matin et 17 blessées dans un double attentat à la bombe sur un marché du quartier chiite et miséreux de Sadr City à Bagdad, selon des sources policière et hospitalière.

Le retrait américain des villes est un prélude au désengagement total américain d’Irak, prévu fin 2011 selon un accord de sécurité signé entre Bagdad et Washington fin novembre.

Les relations entre les deux pays se sont tendues récemment lors d’une visite du vice-président américain Joe Biden à Bagdad. M. Biden, qui s’est rendu en Irak la semaine dernière après avoir été investi par M. Obama de la mission d’œuvrer à la stabilisation politique du pays, a menacé ses interlocuteurs d’un désengagement si la violence confessionnelle et ethnique devait reprendre.

Le gouvernement irakien a répondu en appelant les Etats-Unis à ne pas s’ingérer dans sa politique intérieure.

«Nous ne laisserons pas l’Irak devenir une arène de conflits ou un espace pour un quelconque projet étranger. Nous ne permettrons à personne de s’ingérer dans nos affaires ni de superviser notre processus politique et de réconciliation nationale», a déclaré lundi le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki.

«Je vous appelle (à vous unir derrière) le projet national et à rejeter celui du confessionnalisme. Nous souhaitons une coalition forte et unifiée de tous les Irakiens car le plus grand défi est de faire face à ces ingérences qui viennent de toute part», a-t-il insisté.