Des manifestants brandissaient des pancartes appelant à «boycotter les pseudo-élections», tandis que le chef du parti Iabloko, Grigori Iavlinski, probable candidat à l’élection présidentielle de mars, dénonçait dans un discours «le système politique actuel, qui ment, qui est corrompu, et sert les intérêts d’un petit groupe de gens».

Ce mouvement était le dernier en date d’une série de manifestations sur le même thème qui ont rassemblé le week-end dernier jusqu’à 50’000 personnes sur la place des Marécages, dans le centre de Moscou. Selon les résultats officiels, Russie unie, le parti de l’actuel premier ministre et candidat à la présidentielle Vladimir Poutine, a obtenu 49,5 % des voix.

Critiques de Medvedev

Le président russe Dmitri Medvedev a affirmé avoir dit la veille à son homologue américain Barack Obama que les critiques de Washington sur l’organisation des dernières législatives en Russie n’avaient «aucune importance» pour Moscou.

«J’ai bien sûr dû lui dire une chose: vous pouvez considérer nos élections comme vous le voulez, c’est votre affaire. Pour parler franchement, nous n’y accordons aucune importance», a déclaré M. Medvedev, évoquant son entretien la veille avec Barack Obama, devant des responsables du parti au pouvoir Russie unie. Que ces remarques «viennent du coeur ou d’un autre organe, c’est (de toutes façons) inacceptable, nous ne l’accepterons pas», a-t-il ajouté, cité par Interfax.

Suggestion par Washington

«Nous sommes un grand pays, fort, souverain», a encore déclaré M. Medvedev. «Quand on entend des répliques dans les pires traditions de la guerre froide, c’est inacceptable. Ce n’est sûrement pas la relance (des relations russo-américaines, NDLR). J’ai dû le dire à mon collègue américain», a-t-il encore déclaré.

Le Kremlin avait annoncé vendredi que Barack Obama avait félicité le président russe lors d’un entretien téléphonique à l’occasion de l’adhésion de la Russie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Mesure récente par Medvedev

La Maison Blanche a de son côté indiqué que M. Obama avait dans le même entretien «parlé des récentes élections (législatives) et des manifestations qui les ont suivies en Russie».

M. Obama «a parlé d’informations sur des défauts dans la façon dont les élections ont été organisées, et a salué l’engagement du président Medvedev à faire enquêter au sujet de ces accusations», selon la présidence américaine. M. Medvedev avait promis dimanche dernier une enquête sur les allégations de fraudes, tout en balayant les principales revendications de l’opposition.

Accusation récemment par Poutine

M. Poutine, homme fort du pays, a accusé les Etats-Unis d’avoir donné le «signal» de la contestation des élections en Russie, un scénario du «chaos» auquel selon lui sont consacrés des «centaines de millions de dollars».

Jeudi, il a déclaré avoir «l’impression que l’Amérique ne veut pas d’alliés mais qu’elle veut des vassaux». La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton avait elle estimé il y a une dizaine de jours que les élections en Russie n’étaient «ni libres, ni équitables». Elle avait auparavant exprimé dès le lendemain des élections législatives en Russie du 4 décembre la «préoccupation» de Washington à l’égard des accusations de fraude et de pression au profit de Russie unie.