La première tête à tomber sur ordre de Dmitri Medvedev a été celle d’Andreï Alexeev, chef de la direction des transports du Ministère de l’intérieur chargé du district fédéral central, qui regroupe 18 régions russes dont Moscou. «Ceux qui ne travaillent pas comme il faut seront punis», a déclaré le président russe, promettant de ne pas s’arrêter à ce seul limogeage. Il a aussi repris mercredi ses critiques de la veille contre la direction de l’aéroport de Domodedovo, accusée de laxisme en termes de sécurité.

«Je ne veux pas entendre de la part des dirigeants de sociétés de transport «nous ne sommes pas responsables, c’est la police qui est responsable», a encore martelé mercredi le président russe. Le chef de l’Etat n’a critiqué ni la police ni le FSB, les très puissants services de renseignement, bien que des fuites dans la presse semblent indiquer qu’ils étaient au courant de l’imminence d’une attaque.

Sur le front de l’enquête, aucune annonce officielle n’a été faite, même si toutes les sources policières attribuent le carnage à la rébellion islamiste qui mine le Caucase du Nord.

Le journal populaire Moskovski Komsomolets (MK), citant des sources au FSB, a publié mercredi une version des faits très détaillée expliquant les circonstances de l’attaque contre Domodedovo. Le quotidien y égratigne les forces de l’ordre russes.

Selon MK, un attentat suicide était à l’origine prévu dans la nuit du nouvel an, mais en raison de l’explosion accidentelle de la bombe, l’attaque a finalement eu lieu lundi dernier à l’aéroport. Le quotidien rapporte qu’un groupe de trois femmes et un homme originaires du Caucase russe préparaient depuis novembre un attentat place du Manège, face au Kremlin, et que les services spéciaux russes avaient reçu des informations en ce sens à la mi-décembre.