M. Medvedev, pour qui la Suisse est la première étape avant un périple qui le conduira cette semaine à l’Assemblée annuelle de l’ONU à New York et au sommet du G20 à Pittsburgh (Etats-Unis), rencontrait lundi après-midi le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz ainsi que les six autres ministres du gouvernement helvétique.

Avant cette rencontre dans un manoir du Conseil fédéral près de la capitale, M. Medvedev a salué le soutien de la Suisse à son projet de réforme de la sécurité européenne. «Nous apprécions fortement que nos collègues suisses aient positivement évalué notre idée d’élaboration d’un accord de sécurité européen», a expliqué M. Medvedev.

Irritée par l’Otan, la Russie défend l’idée d’un nouveau «pacte régional» en Europe. L’offre n’a pas été rejetée par l’Union européenne mais elle laisse beaucoup d’experts sceptiques. L’Europe doit prendre «la main tendue» par la Russie et discuter de sécurité commune en Europe, a déclaré vendredi à Varsovie le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes Pierre Lellouche tandis que le chef de l’Otan, Andres Fogh Rasmussen a proposé un «nouveau départ» à la Russie.

Bien décidé à défendre son projet, le président russe a spécifié que le thème de la «sécurité au sens large» serait au centre de ses discussions avec M. Merz. Les deux chefs d’Etat «ne parleront pas seulement du contrôle du désarmement, de la prévention et du règlement de conflits régionaux, mais aussi de la sécurité financière et économique», un sujet particulièrement d’actualité avec le sommet du G20 qui débute jeudi, a encore fait valoir le président russe.

La question du Caucase devrait également être au programme ainsi que «le mandat de puissance protectrice» confié à la Suisse qui joue le rôle de médiateur entre la Russie et la Géorgie, a indiqué de son côté M. Merz. Berne représente les intérêts de Moscou et Tbilissi dans leurs capitales respectives.

C’est «un honneur particulier et une marque de confiance», a estimé le président de la Confédération helvétique. Globalement, cette première visite en Suisse d’un chef d’Etat russe est destinée à «poursuivre» la coopération «dans toutes les directions» et «renforcer» les relations avec la signature d’accords prévue lundi après-midi, a encore précisé M. Medvedev.

Le président suisse a qualifié cette visite de «grand moment, qui souligne la qualité des relations entre (les) deux pays et contribuera encore au développement des relations bilatérales». Quant à M. Medvedev, il a dit ne pas douter que Berne et Moscou parlent «le même langage (...) sur nombre de sujets», d’autant que M. Merz manie le russe parfaitement.

La Suisse apprécie particulièrement cette visite historique de deux jours, elle qui s’est sentie très isolée sur la scène internationale ces derniers mois, autant lors des attaques contre son secret bancaire que dans l’affaire l’opposant au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Et en temps de crise, elle espère bien tirer profit d’un approfondissement des relations économiques.

Selon Berne, 600 entreprises disposant de capitaux suisses travaillent sur le marché russe. Par ailleurs, les importations de la Confédération en provenance de Russie se montent annuellement à environ 1 milliard de francs suisses (650 millions d’euros), tandis que ses exportations atteignent quelque 3 milliards de francs suisses (1,9 milliard d’euros).