La perquisition du domicile de Donald Trump à Mar-a-Lago, en Floride, par une vingtaine d’agents du FBI lundi a déjà permis de récupérer des documents d’importance sur… des armes nucléaires. C’est le Washington Post qui a donné l’information en primeur. L’enjeu touche directement à la sécurité nationale, bien qu’on ne sache pas s’il s’agit d’armes atomiques américaines ou liées à un autre pays. Pour rappel, quand il était encore au Bureau ovale, Donald Trump avait rencontré le leader nord-coréen, Kim Jong-un, et avait emporté des lettres de ce dernier à sa résidence principale de Palm Beach.

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Pourquoi est-ce une information majeure? Depuis lundi, les partisans de l’ex-président américain et une bonne partie des républicains ne cessent de jeter de l’huile sur le feu en déclarant que le FBI et le Département de la justice ont été transformés en armes politiques par les démocrates et l’administration de Joe Biden. Le sénateur de Floride Rick Scott est allé jusqu’à comparer l’action du FBI à une opération digne de la Gestapo. En Ohio, une personne armée d’un fusil d’assaut a essayé d’entrer de force dans les locaux du FBI, devenu le bouc émissaire des trumpistes. Il a été tué dans la riposte des policiers.

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Or l’existence de documents sans doute secrets sur des armes nucléaires est de nature à alerter les experts de la sécurité nationale. Mar-a-Lago est une résidence où l’ex-président reçoit régulièrement des personnalités du monde entier. L’endroit n’est toutefois pas du tout sécurisé, et il ne serait pas impossible que des personnes non autorisées accèdent aux documents que Donald Trump n’a pas restitués, comme le Presidential Records Act le lui impose pourtant. Théoriquement, ces documents pourraient apporter des renseignements cruciaux à des puissances étrangères sur la nature des systèmes d’armement nucléaire et la manière de les contourner.

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La perquisition a été autorisée en plus haute instance par le ministre de la Justice, Merrick Garland, qui s’est brièvement exprimé mercredi pour mettre fin aux spéculations émises par les soutiens de Donald Trump. Il a même fait une demande officielle au juge fédéral qui a autorisé l’opération de dévoiler le contenu du mandat de perquisition et une liste générale de ce qui a été saisi en Floride. A l’image d’un joueur d’échecs, Merrick Garland a pris l’équipe de Donald Trump de court. Nombre de voix républicaines sommaient mercredi le ministre de publier des informations sur la perquisition. A la surprise générale, Merrick Garland s’est exécuté. Donald Trump et ses avocats avaient jusqu’à vendredi 15h (à Washiington) pour dire s’ils acceptent une telle publication. Ils n'ont finalement pas fait opposition.

Long bras de fer

La descente des policiers fédéraux à Mar-a-Lago ne devrait surprendre personne. Tout au long de 2021, les Archives nationales n’ont cessé de parler avec l’équipe de Trump pour récupérer quinze boîtes de documents que l’ex-président avait emportées avec lui en Floride. Puis, en 2022, des grands jurys ont émis un mandat en janvier et en juin pour obtenir les documents en question. Manifestement, Donald Trump n’a pas tout rendu. Des sources proches de l’enquête soupçonnent qu’une personne très proche de l’ex-président (il n’y en aurait qu’une petite dizaine) aurait donné des informations sur l’endroit de Palm Beach où se trouveraient encore des dossiers non restitués.

Cette affaire de documents classés secret a un caractère très ironique. En 2016, en pleine campagne présidentielle, Donald Trump déclarait: «Nous avons besoin de la meilleure protection possible de documents classés secret. Le scandale des e-mails privés d’Hillary Clinton qui a mis à portée de nos ennemis de telles informations la disqualifie pour la présidence des Etats-Unis.»