«Ce seront les ouvrages militaires les plus élevés et les plus perfectionnés du Proche-Orient.» Selon le quotidien Maariv qui révélait l'information vendredi, Tsahal (l'armée de l'Etat hébreu) va construire deux antennes spéciales de 400 mètres de hauteur. Le chantier s'ouvrira à proximité de la centrale atomique de Dimona, c'est-à-dire au milieu d'une zone militaire truffée de missiles sol-air interdite à tout trafic aérien.

L'érection de ces antennes, notamment destinées à recueillir des renseignements et à intercepter des communications radiotéléphoniques lointaines, s'inscrit dans la préparation de l'Etat hébreu à un éventuel conflit armé avec l'Iran. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la censure militaire a laissé filtrer l'information une semaine après avoir autorisé les médias à révéler que les Etats-Unis installent – également dans le Néguev – un système de radar sophistiqué permettant de détecter les tirs de fusée à plus de 2000 kilomètres de distance.

Certes, le radar ne sera pas utilisé par des militaires de l'Etat hébreu mais par 120 soldats de l'US Army qui se sont installés sur le site le mois dernier. Mais Jérusalem et Washington ont également signé un accord selon lequel le Pentagone informera la «Kyriah» (son homologue israélien) de tout tir de fusée ennemie. Les experts israéliens estiment en tout cas que le radar américain permettra à l'Etat hébreu de gagner un quart d'heure par rapport aux systèmes de détection traditionnels. Un laps de temps suffisant pour sonner l'alerte et déclencher une riposte.

Nouveaux avions de combat

Dès son arrivée à la tête du Ministère de la défense en juin 2007, Ehoud Barak a lancé le projet «Dôme d'acier» visant à protéger le mieux possible l'Etat hébreu de toute frappe de missiles et de roquettes. C'est dans ce cadre que les industries militaires israéliennes ont accéléré le développement du missile antimissile Hetz 2 (une version améliorée du célèbre Patriot américain) ainsi que de nouveaux radars pouvant détecter des fusées à 900 kilomètres. A ce dispositif se sont notamment ajoutés le nouveau satellite espion israélien TecSar lancé par l'Inde, l'installation du radar américain, ainsi que la construction d'antennes géantes dans le Néguev.

Le coût exact de ces programmes est classé «secret défense». En revanche, on sait que les 75 avions de combat F-35 qu'Israël commande au constructeur américain Loocked Martin lui coûteront au moins 15,2 milliards de dollars. Destinés à remplacer les F-15 et F-16 de l'Etat hébreu, ces appareils sont encore en cours de construction mais ils sont d'ores et déjà considérés comme les «meilleurs au monde» et l'Etat hébreu sera le premier pays non-membre de l'OTAN à pouvoir s'en doter. Les chroniqueurs militaires estiment cependant qu'ils ne devraient pas être utilisés dans le cadre d'un éventuel conflit avec l'Iran puisque l'entraînement des pilotes ne débutera pas avant 2013 et que ces derniers ne seront pas opérationnels avant 2014.